i88 Voyage
cjue toujours enfermées dans l’intérieur de leurs maisons : elles ypassent leurs jours dans l’ennui , au milieu de leurs Esclaves, íansautorité &c fans occupation ; elles ne jouissent pas même du plaisirde la lecture , parce que la plupart ne savent pas lire. Les hommesy font aussi ignorants que les femmes. On fe volt de temps en tempsen grande cérémonie : les Gouverneurs & les principaux Magistratsdonnent de grands dîners plusieurs fois dans Tannée. Les parentsrassemblent de même de temps à autre, pour fêter le Saint de kfamille ; mais ils admettent rarement dans ces Festins des personnesqui ne soient pas alliées. Dans les grands repas on invite les. hommes& les femmes ; mais ils ne font ni à la même table, ni dans. le mêmeappartement.. La Maîtresse de la maison ne paroît à Tappartementdes hommes qu’au moment qu ils vont íè mettre à table : elle porteun grand cabaret couvert de verres remplis d’eau-de-vie : elle enprésente dans un état d’humilité à tous les convives, qui ne la re-gardent seulement pas : on lui remet les verres, & elle fe retireausii-tôt.
Leurs repas font toujours três nombreux ; tous les États y fontinvités : le Militaire, le Clergé,, le Magistrat & le Négociant, fonttous à la même table ; mais avec cette dissérence, qu’on y observemieux que dans aucune Cour d’Allemagne, Tétiquette du rang : lesMilitaires y font placés suivant leur grade ; il en est de même desautres États ; on n’a aucun égard à la naissance»
On sert tous les mets à la fois. La viande coupée en petits mon-ceaux dans-du bouillon, forme leur potage. Ils font quelquefois desragoûts ; mais on ne peut en manger qu’autant qu’on y est accoutumé.La table est couverte communément de plusieurs pyramides de rôt rla plupart de ces pyramides font composées de dissérentes fortes de gi-bier , & les autres de viande de boucherie. On sert en même-tempsdes confitures de la Chine, & celles qu ils font avec les fruits dnPays»