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Tome premier. Contenant les moeurs, les usages des Russes et l'etat actuel de cette puisscance [...].
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EnSiBERIE. 2JI

Avant Pierre I er la Russie n'avoit que des Barques ou dautrespetits Bâtiments dont on se servoit sur le Wolga & sur le Don.Les

Cet Etat des revenus de Russie peut être sujet à quelques discussions, parce que lesvariations que le temps & les circonstances amenent, doivent nécessairement y produiredifférents changements ; mais si le revenu diminue à quelques égards, il augmente à dau-tres 3 &c dans Tétât actuel se trouve la Russie, le résultat général est toujours à peu prèsle même. Jai cru devoir rapporter le détail des revenus de Russie , tel que je lai extraitdes Mémoires que javois , fans y faire aucune correction , excepté dans le nombre desmâles qui payent la Capitation. 11 s étoient confondus avec les femmes. 11 me paroît,daprès ce détail, quon doit supposer en 1767 le revenu de la Russie en argent, de treizemillions quatre cents mille roubles en nombre rond, ou de soixante-sept millions argentde France. M. de Voltaire trouve par un Etat des Finances de TEmpire en 1715 , encomptant les tributs des Tartares, tous les impôts & tous les droits en argent, que letotal alloit à treize millions de roubles , indépendamment des tributs en nature (*}.

Depuis 1715 la Douane a cependant considérablement augmenté par les précautionsquon a prises dempêcher la contre-bande. Jai encore supposé le nombre des Paysans quidépendent de la Couronne, de 360000 livres ( ils payent quarante kopyldces de plus queles Paysans ordinaires ), tandis que M. de Voltaire le détermine beaucoup plus grand em17 z 5. Je nai pas compris dans le même Etat le revenu des^elleteries quon tire de la Sibé-rie , ni celui des apoticaireries 3 mais aussi jai supposé le nombre des mâles qui payent laCapitation , de six millions six cents quarante mille, tel que M. de Voltaire la déterminéen 17x5 , & onavud TArticlp de la Population, que ce nombre devoir être prodigieuse-ment diminué. 11 paroît aussi que cest pour cette raison quon avoir proposé un nouveauRèglement pour augmenter la Capitation de quarante kopykkes par tête ; mais ce Règle-ment na jamais été exécuté 3 &c en effet, dans létat des Impôts ordinaires, les Russes nefont pas toujours en état de les payer. Les arrérages depuis 1714 jusquen 1747 se mon-toient à deux millions cinq cents quatre mille roubles, ou à douze millions sept cents soi-xante dix mille livres argent de France, que Tlmpératrice Elisabeth remit à ses Sujets.

Jai aussi fait entrer dans létat ci-dessus, le revenu qui provient de la vente de la po-tasse & de la Wadasse ; mais on ma assuré en Russie, que ce commerce nexistoit plus, ouau-moins quil étoit considérablement diminué , parce quil étoit préjudiciable à la Russie,en ruinant les forêts les plus à portée detre exploitées ; & Ton sent évidemment la véritéde ce dernier fait.

Le nombre des Paysans de la Couronne diminue non-seulement à cause de la dépopu-lation , mais encore parce que les Souverains de Russie font dans Tusage de récompenserleurs Sujets en leur donnant un certain nombre de Paysans. Ce fait est connu de tout lemonde.

Les pelleteries de Sibérie ne produisent pas en argent un aussi grand revenu quon Ta tou-jours cru. On transporte ces pelleteries de quatorze cents lieues, Sc même de deux mille ,

(*) M, dc Voltaire , Tome I, page

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