en Sibérie. 2.81
vigoureux & durs à la fatigue ; ils vont d’une grande vitesse, maisils font si petits , qu’ils succombent sous le poids des Cavaliers.Après quelques mois de campagne, une grande partie de la Ca-valerie est à pied. On ma cependant assuré que la Russie tiroirquelquefois des chevaux d u Holstein ; & en esset elle est a por-tée d’en avoir de ce pays, ainsi que les autres Puissances de l’Eu-rope ; mais la modicité de ses revenus ne lui permet pas cettenouvelle dépense (1). Tout le monde convient que la CavalerieRusse est la plus mauvaise qui soit en Europe ; il n’en est pas demême de l’Infanterie. On écrivoit il y a cent ans, quelle se bat-toir bien , pourvu quelle eût au-devant d’elle des fossés ou despallissades , afin de pouvoir attendre à couvert lennemi ; qu’elleprenoit lâchement la fuite, & que si elle ne voyoit pas de lieu de dé-fense. II est remarquable que tout cela est encore aujourd’hui de laplus exacte vérité , quoique ces troupes soient mieux disciplinées.Si les Russes voient une fuite ouverte aisée , ils ne songent qu'âfuir, mais s’ils font enfermés &: s’ils défendent leur vie , ils devien-nent redoutables. Le Russe ne combat jamais pour l’honneur , maispour fa vie.
Les campagnes de la derniere guerre semblent appuyer ces diffé-rentes opinions. Le Roi de Prusse occupé vers la Silésie contre lesarmées formidables de l'Allemagne , â plus de cent lieues des limitesorientales de ses Etats, n’a jamais été â portée de faire une cam-pagne suivie contre les Russes. Ce Monarque ne pouvant leur op-poser que de petites armées dans cette partie de son Royaume , ilJes laissoit avancer jusqu’au point où il en auroit été incommodé :alors st marchoità eux avec le projet de les détruire, & défendoitqu’on fìt des prisonniers j mais ce grand Roi & ses Généraux ontpresque toujours combattu les Russes dans des positions où ils n’a-
(1) Voyez page 270 Sc suivantes.
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