718 Voyage en Sibérie.
seul coup de tonnerre depuis 7 heures : il commença à gronder vers9 heures, mais tout annonçoit qu’il étoit très éloigné. Je n’avoisencore vu que deux ou trois fois des éclairs terminés : une feulefois la foudre me parut s 'élever de bas en haut fous la forme d’unefusée; & je n’entendois pas le tonnerre.
L’orage s’approchoit cependant. Bientôt un grand vent s'éleva,'& produisit un ouragan qui remplit l’air d une si grande quantitéde poussière, que la lumière des éclairs en étoit considérablementaffoiblie. L’orage ayant tourné un peu au Sud en s approchant tou-jours de Paris, je descendis au premier étage pour y continuer mesobservations. Ayant fait part à M. de Caíïini le sils de l’objet demes observations, il fe joignit à moi, ainsi que M. de Prunelé.Nous fûmes nous placer à une des fenêtres du petit Cabinet d’ob«fervations : fa petiteíse & fa disposition nous mettoient à l’abri desgrands coups de vent, de la pluie qui commençoit à tomber, & desaccidents que pouvoient occasionner les grandes fenêtres du rested u bâtiment, à cause de la quantité de fer quelles contiennent.Nous apperçûmes tous très distinctement la foudre s'élever du côtéde Châtillon fous la forme d’une fusée : sa grosseur & fa vivacitédiminuoient à mesure qu elle s’élevoit. Le coup de tonnerre quisuivit ne fut cependant pas considérable. A io h J, la pluie aug-menta, La nuée orageuse setendoit fur Paris - du-moins ducôté de l’Observatoire : les éclairs & les coups de tonnerre fefuccédoient presque fans interruption. Nous étions toujours aumême endroit, tournés du côté du mât situé fur la terrasse de l’Ob-fervatoire, Ce mât est isolé, rempli de clous dans les fentes, poury sixer le plâtre dont elles ont été remplies : il est éloigné du bâti-ment de ii toises, & de 31 de l’endroit ou nous étions. A io h £environ, la foudre s’éleva le long de ce mât ; & nous l’apperçûmesavec une telle évidence, que je mecriai, Ah ! la voilà. Le coupde tonnerre suivit immédiatement, Quelques Domestiques fe fau*