Électricité. 719
verent dansTappartement voisin ; dautres vinrent nous j oindre , ôcchacun des voisins prétendit que la foudre étoit tombée dans lesenvirons.
Je fus convaincu que la foudre avoir parcouru le mât, non feu-lement parce que je l’avois vue très distinctement, mais encore parce.que j apperçus également bien des étincelles après le coup de ton-nerre. Ces étincelles reífembloient à celles qu on volt après qu unefusée s’est éteinte, 6c il me parut qu’elles étoient produites par lesparties du bois que la foudre avoir détachées, & qui avoient étéenflammées : aussi le lendemain tout le mât portoit les impressionsde tous ces phénomènes, depuis le bas jusqu a son extrémité. Lebois avoir été brûlé dans quelques endroits, les clous fondus enpartie ; 6c ces impressions étoient telles, quelles démontroient quela foudre s’étoit élevée de la terre, quand mème je ne l’aurois pasvue. A la premiere assemblée de l'Académie, je rendis compte del’observation de ce phénomène ; j’y portai le bois 6c quelques clous.Ce Mémoire devant être imprimé parmi ceux de la même année,je me borne à faire ici 1 exposé de ce phénomène. Je rappelleraicependant une observation essentielle. J’apperçus très distinctementun petit intervalle entre le -bruit 6c le moment que la foudre parutau bas du mât, de façon quelle s'éleva fans bruit ; & le coup detonnerre n éclata qu a l’instant que la foudre disparut, ou plutôtlorsqu’elle sit explosion ; car si le bruit avoit été produit par l'é-tincelle au moment qu elle s'éleva de terre , je n’aurois pas dû ob-server cet intervalle, parce que je n’étois éloigné du mât que de3 2 . toises ; 6c alors il n’y auroit eu aucun intervalle sensible entreleclair & le bruit.
Cette observation fait voir que le tonnerre n est une suite de l’é-clair, qu autant qu’il y a explosion , 6c qu’il peut y avoir , par lamême raison, beaucoup d'éclairs fans tonnerre, ainsi qu’on l’ob-serve souvent.