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redoute Victoria, et plus loin, les hauteurs d’Inker-mann, où la plupart de ces héros ont combattu.
En réunissant ainsi tout ce que l’œil peut découvrirà plusieurs lieues de distance, du point central où ils’était placé sur le plateau des Moulins, M. Fenlon a eula plus heureuse inspiration ; car, no us le répétons, cepanorama circulaire embrasse toute l’étendue du champde manœuvres des armées alliées; de plus, il indiquemieux que toutes les descriptions possibles la naturediverse du terrain, en même temps qu’il fait connaîtrela position exacte des différents corps anglais , français et turcs.
Mais M. Fenton a fait mieux encore : il nous a intro-duits dans l’intérieur des camps et nous a initiés à lavie du soldat en Crimée .
C’est le matin. Le clairon, ce coq des bivouacs, sonnela diane ; les tambours battent, s’appellent, se répon-dant pendant que le canon se réveille dans les tranchées,et grossit sa voix formidable. C’est la grande sympho-nie qui commence, c’est l’hymne que le camp français chante au jour qui vient de renaître. Pendant que lesoldat prépare ses armes, le général Bosquet, deboutavant l’heure, donne ses ordres aux officiers qui l’en-tourent. 11 y a dans l’attitude du brave général toutel’énergie du soldat qui méprise les obstacles, tout lecalme du chef qui sait comment on doit les vaincre.Le bras droit levé, il indique du doigt le point de nosattaques où devra se porter chacun de ceux qui l’é-coutent. Tout son corps suit l’énergique mouvement de