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sa main. Sa belle figure porte l’expression de la pensée,du courage et de la fermeté. Il y a surtout dans leregard cet éclair qui électrise les troupes et leur faitfaire des prodiges. Les officiers, attentifs, suivent desyeux le geste de leur général, pendant que l’un d’euxinscrit ses ordres.
Ce groupe, que les rayons du soleil levant éclairentde côté, forme un admirable tableau, plein de vérité, demouvement et de vie.
Mais voici une épreuve que nous signalons à l’atten-tion des artistes et des historiens qui voudront retracerles grandes scènes de la guerre en Crimée . C’est leconseil de guerre tenu, au quartier général anglais ,dans la matinée du 7 juin, entre les trois commandantsen chef des armées alliées.
Autour d’une petite table sur laquelle des plans stra-tégiques sont étendus, les trois généraux, assis sur despliants, discutent le plan de l’attaque qu’ils vont diri-ger contre le mamelon Vert. Le général Pélissier, enpetite tenue, coiffé d’un képi sans visière, frappe ma-chinalement la terre de sa cravache à [tomme d’argent;ii ses côtés, Omer-Pacha , vêtu d’une tunique ornée deriches torsades, sur laquelle brille la plaque du Med-jidié, semble l’interroger du regard, pendant que lord Raglan expose ses idées et en suit du doigt le dévelop-pement sur la carte. A en juger par son costume, com-posé d’une redingote et. d’un pantalon noirs, avec desbottes vernies, une ample cravate blanche empesée, etun chapeau de feutre gris, on pourrait prendre l’illus-