On a lieu de s’étonner que l’on n’ait pas cherché à s’assurer de ce nom-bre d’une manière précise; rien n’est cependant plus facile. On peut comp-ter 1,000 volumes dans dix minutes; une seule personne peut donc encompter 30 à 40,000 par jour. Dans peu de jours, les employés de laBibliothèque pourraient en avoir le compte exact, en distinguant mêmeles livres brochés, les in-fol., les in-4°, etc. On peut aussi recourir à unmoyen encore plus prompt pour évaluer le nombre approximatif deslivres d’une bibliothèque, en estimant combien de volumes sont comprisdans un espace donné, comme par exemple, une toise carrée; nous trou-vons pour terme moyen :
Qu’une toise contient 120 volumes in-fol., ou 200 in-4°, ou 400in-8°et in-12.
D’après la proportion reconnue par M. Van Praet, et le petit nombrede livres in-fol. qu’on imprime, on peut évaluer à 250 volumes le nom-bre moyen de livres dans une toise carrée ; ce calcul est conforme à celuide M. Thiers , qui l’évaluait à 60 par mètre carré (31 mai 1833); la hau-teur de la bibliothèque étant de 4 toises, chaque toise courante peut ren-fermer 1,000 volumes, bien entendu sur un seul rang.
Les différentes salles de la Bibliothèque royale ne comportent qu’undéveloppement d’environ 300 toises; cela annonce 300,000 volumesrangés; mais il faut doubler ce nombre, parce que la plupart des petitsformats sont sur deux rangs, et qu’il y en a un grand nombre dans desgreniers.
Nous évaluerons donc à 600,000 vol. la totalité des livres qui y sontactuellement; mais l’accroissement annuel doit être porté à 12,000 vo-lumes. Ce qui fera 120,000 volumes à ajouter tous les dix ans.
Je pense donc que l’on doit s’occuper à placer 800,000 volumes surun seul rang, et c’est sur celte base que les projets de bibliothèque doi-vent être établis.
Il paraît convenable d’entrer ici dans quelques développcmens sur