TITRE XV.
DE L’ASSIETE, BALIVAGE, MARTELAGE
& Vente de Bois.
A Sjìete , est la désignation de l’endroit de la Forêt que l’on destine de cou-per, ce qui s’appelle asseoir la vente.
Balivage . est la rétention de seize arbres par arpent, de l’âge du bois taillisqu on veut couper , Sc de dix ans dans les futayes, qui font appeliez baliveaux,que l’on marque du marteau du Roi, ou de celui des Seigneurs, Sc qui fontréservez à chaque coupe , c’est ce qu’on appelle Balivage.
Martelage , est l’impreslïon qui se fait avec le marteau du Roi , Sc ceurdes Grands Maîtres , ou Maîtres Particuliers , Gardes-Marteaux Sc Arpen-teurs , tant fur les baliveaux que fur les arbres appeliez pieds corniers, tour-nans, paroirs Sc de lisiere , qui ne peuvent être abatus . fans courir risquedes peines & amendes portées par l’article q. du 32 & dernier titre de cetteOrdonnance.
Vente, est ^adjudication que fait le Grand Maître, Maître Particulier, ouautre Officier des Eaux Sc Forêts , d’une certaine quantité d’arpens de bois fu-tays , ou de taillis.
De tous les revenus qu’on peut tirer des Bois, le principal est celui qui pro-vient des hautes futayes ; c’est ce qui a porté les Rois à ordonner par plusieursOrdonnances , que dans toutes les Forêts il feroit fait un triage dans les en-droits les plus beaux & les mieux plantez en bois de chênes, situez le plus prèsdes Villes & des Rivières , pour en pouvoir dans le besoin tirer un promptsecours , soit pour le bien de l’Etat, soit pour les réparations publiques ; cequi fut ordonné à l’Abbé de Saint Estienne de Caen , par Arrêt du Parle-ment de Paris de l’an 1260, rapporté par Chopin en son livre du Domaine,livre 1 , titre 14. Les Ordonnances de Juillet 1/44, article 10 , AoûtI j"73 , May 1787, portent que les Bois de haute futaye seront coupez avectelle proportion qu’en cent ans ils puissent revenir en futaye, fondées furP opinion commune que le chêne est cent ans à croître (qucrcuî) cent ans enétat ( robur ) Sc cent ans à dépérir ou fur son retour ( ilex . ) Mais comme ily a des Forêts où passé cinquante à soixante ans le bois dépérit, on en per-mettoit la coupe avec connoissance de cause, fans tirer à conséquence ; de-puis ce tems-là les Rois ont fait diverses Ordonnances tendantes à même fin,ausquelles il n’a pas été autant contrevenu dans tous les tems , que depuiscette Ordonnance . qu’il a été abatu plus de Bois futays , que pendant deuxsiécles précedcns, quoique les Rois prédécesseurs s’en fussent beaucoup
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