LaS Tit. XV. Del’Assiete, Balivage;
plaints , comme il se voir par plusieurs Ordonnances ; il y a telle Provincedans le Royaume où i; y avoir autrefois de très-belles & grandes Forêts , oùl’on ne trouveroit pas présentement en bois de charpente de quoi bâtir lemoindre édifice ; cette destruction a été causée par les ventes ordinaires &réglées qui se sont faites dans les Forêts du Roi, dont il eût fallu réserverla moitié , ou tout au moins le quart en futayes, ou ne les couper que parcentième partie , comme ce qu’ont demandé de faire l’Abbé & Religieuxde l’Abbaye de Fontaine - Daniel, ce que Sa Majesté leur a accordépar Arrêt du Conseil d’Etat du 26 de May 1714, qui suit. A u lieuque la plupart des Bois Sc Forêts font présentement reglez en coupe detaillis , Sc parce qu’ona accordé trop facilement aux Particuliers des permis-sions d’abatre des futayes.
Extrait des Registres du Consteil d'Etat.
S U R la Requête présentée au Roi en son Conseil par le sieur Abbé deDangeau , Abbé, Sc par les Religieux de l’Abbaye de Fontaine-Daniel,Diocèse du Mans , contenant que de ladite Abbaye il dépend six cens ar-pens de Bois. futays , appeliez la Forêt de Salaire , dans laquelle les Su-plians ont de tout tens été en poffeísian de faire marquer par Itun propresOfficiers , & ensuite couper les arbres nécessaires pour leurs chauffages &les réparations de leurs bâtimens , comme i! paroît par plusieurs Arrêts duConseil Privé ôí du Grand Conseil » Sc en dernier lieu par un Jugement déla Table de Marbre du 22 Août i6pi , rendu sur la contestation d’entrel’Abbé Sc les Religieux , au sujet du marteau particulier que les Religieuxavoient fait fabriquer pour marquer les Bois ; ledit Jugement portant en-tr’atitres choses que lesdits Religieux seroient tenus dans huitaine dé rappor-ter ledit marteau au Greffe de la Justice de Fontaine-Daniel pour être sup-primé , sauf à faire marquer les bois de chauffage 8 c pour réparer dans laForêt commune de Salaire, d’un marteau ordinaire de l'Abbaye , qui seroita cet effet mis dans un coiffe dont l’Abbé auroit une clef, les Religieux uneseconde , & les Officiers une troisième; qu’encore que cet usage parpissoitbien confirmé, néanmoins le sieur Langlois, Grand Maître des Eaux & Fo-rêts de Touraine, s’étant transporté en l’année 1708 dans ladite Forêt deSalaire pour en faire la visite, auroit trouvé' qu’il y avoit beaucoup d’incon-vénier.s dans-cette maniéré d’exploiter les Bois de l’Abbaye, premierementen ce que lá marque 8 c délivrance des Bois se faisoit par les Officiers del’Abbaye contre la disposition de l’Ordonnance qui défend de faire aucunescoupes d’arbres de futayes ou baliveaux dans les Bois Ecclésiastiques, qu’a-près en avoir obtenu la permission de Sa Majesté , & après que les marques& délivrances en ont été faites par les Officiers des Maîtrises ; & en fécondlieu en ce que la coupe par pieds d’arbres étoit un moyen infaillible de rui-ner les Bois , parce qu’on affectoit toujours de choisir les plus gros , fans Rat-tacher de faire les coupes de proche en proche ; au surplus, il auroit marquépar le Procès-verbal de ladite visite , daté du 24 Août 1708, que la Foretde Sahire est allée, bien plantée pour la plus grande partie de hêtres & dequelques chênes de très-belle venue, de divers âges, depuis dix, douze,
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