H4 De la Philosophie
11 suit de cette théorie , que les actionsdes bêtes ne semblent point susceptiblesde moralité ; la vertu n’est point faite pources intelligences , elles ne peuvent ni mériter,ni démériter ; elles ne font pas assez grandespour mériter méme d’étre punies par l’Etresuprême.
II paroît d’abord que telles âmes ne de-vroient pas être immortelles; une bête semblebornée à la conscience de son existence pré-sente , elle ne porte point ses regards dansl’avenir ; pourquoi jouiroit - elle d’un bienqu’elle ne peut ni désirer , ni connoître ?
Cependant l’idée d’une ame mortelle est àla fois absurde & dangereuse. II est évidentque rien ne meurt dans la nature ; les causessecondes ne peuvent anéantir la matière ,pourquoi détruiroient-elles une intelligence ?
II n’est pas nécessaire que les bêtes soientdes êtres moraux , pour que chaque individuconserve fa personnalité; il suffit qu’tlles soientsensibles : il en est d’elles comme de tous lesêtres mixtes , dont le moi survit à la disso-lution de la machine.
Mais qu’est-ce que le moi d’un animal qui