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Tome premier.
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AUTOUR DU MONDEbitants pour placer sur leurs bords leurs cabanes. Ces ajou-pas, bâtis en terre, occupent ainsi des situations délicieuses,et la nature leur a prodigué les embellissements les moinscommuns. Souvent placé sur les coteaux argileux , j’aimaisà contempler sous mes pieds ces toits de chaume autour des-quels se pressaient les immenses feuilles de bananiers, descafeyers aux fleurs suaves et aux cerises écarlates, que défen-daient d’énormes orangers et des citronniers chargés de fleurset de fruits. Un ruisseau d’eau vive et pure coulait au fondde ces gorges sinueuses, et se perdait sur les plages déchiréeset sablonneuses des petites criques qui se dessinent à leur em-bouchure.

Pendant le temps que nous séjournâmes à Sainte-Cathe-rine, nous eûmes fréquemment de la pluie. Le ciel était sou-vent voilé par des nuages noirs qui sc résolvaient en grainsviolents et subits ; les habitants croient même qu’il pleutbeaucoup plus sur le village de San-Miguel que sur la partienord-est de la même côte. D’épais brouillards , condenséssous forme de nuées blanches, paraissaient se fixer vers lemilieu des montagnes, et c’est à ces brouillards épais, demême qu’aux pluies fréquentes, que l’on doit attribuer lavigueur non interrompue de la végétation. Si la baie deSainte-Catherine est destinée à devenir un jour le port dequelque grande cité , les colons , avertis par l’expérience deplusieurs pays de l’Europe , devront conserver, autant quepossible , des portions de masse végétales suffisantes pour nepas faire cesser cet arrosement naturel. C’est ce qui manqued’ailleurs à l’île de Ténérifle , placée dans l’hémisphèrenord , par la même latitude que Sainte-Catherine au sud;et bien que le sol volcanique de la première soit plus végétatifque le terrain granitique de la seconde, toujours est-il que sasurface est depuis longtemps déboisée, et que sa climatureest inarquée par des sécheresses presque continuelles.