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Nouveaux principes d'hydraulique, appliqués a tous les objets d'utilité et particulièrement aux rivières : précédés d'un discours historique et critique sur les principaux ouvrages qui ont été publiés sur le même sujet / par ... Bernard
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dhydraulique. 267

: mais cette supposition est bien gratuite. Il y a sans doute beau-coup de fleuves qui ont une grande vitesse lorsquils sont voisins deleur embouchure; mais leur vitesse est toujours plus considérabledans les parties supérieures de leur cours. En effet, comment con-cevoir que le même volume deau perde sa vitesse lorsque le litil coule a encore quelque pente pour reprendre cette vitesse lors-que la pente est détruite, cest-à-dire lorsque la principale causede son mouvement nexiste plus ?

348. Si les fleuves, en entrant dans la mer, trouvoient ses eauxtoujours tranquilles, leur lit néprouveroit pas plus de changementà lembouchure même que dans les parties supérieures le fondet les bords ne sont formés que de sable et de limon. En effet, ilnexisteroit aucune cause qui pût altérer davantage leur direction,lorsquelles seroient sur le point de cesser dêtre contenues, quedans les autres points supérieurs elles ne pourraient agir quesur des matières de même ténacité. Mais il sen faut de beaucoupque les eaux de la mer soient dans un repos constant; elles sontsouvent soulevées par des vents impétueux, et la hauteur de leurniveau change, soit par laction des tempêtes, soit par celle du fluxet du reflux, soit enfin par le concours de ces causes.

Sur nos côtes, le flux et le reflux ne sont pas sensibles, et la plusgrande élévation à laquelle les vents forcent les eaux de parvenirnexcede guere 4 pieds: mais quoique cette élévation ne soit pasbien considérable, la violence avec laquelle les vagues de la merviennent se briser sur la côte est suffisante pour changer la positiondes bancs de sable et de limon que les rivières déposent à leur em-bouchure, et pour en former des barres qui suspendent, pour ainsidire, le cours de ces rivières, leur font perdre leur profondeur, lesrendent souvent inutiles à la navigation, les dépouillent de leurmajesté, et, les forçant de séchapper par une infinité dissues, lesréduisent à terminer leur cours comme elles lont commencé. Cha-cune de leurs embouchures offre limage des premiers ruisseauxqui les formèrent.