ET DE L A DURETE' DES CORPS. 7
de 1’air empeche que son extreme pesanteur ne poufie les autres corpsen haut , comme eile feroit sans tela : car de meme que fi p 0 n plon-geoit dans 1’eau une eponge, que Ton auroit rendue impenetrable ä1’eau en 1’enduisant de cire par le dehors, il arriveroit qu’elle remon-teroit fur 1’eau, a caufe de la grandeur du volume ; & qu’au contrairela meine eponge fans cette cire , quoique plus legere en cet etat, nelaisseroit pas de demeurer au fond de 1’eau, parce qu’elle en auroit erepenetree; par la meine raifon tous les corps etant penetrez par la par-tie subtile de 1’air, iis ne font point poussez en haut par sa pesanteur jparce que la pesanteur de chacun des corpuscules qui composent lescorps est: egale , a proportion de leur grandeur , ä la pesanteur descorpuscules qui composent la partie subtile de 1’air.
Dans la parti e subtile de 1’air, outre sa subtilste & sa pesanteur, qui p an ; esont presque extremes, j’ai encore suppose une incapacite d’etre com-subtile aprimee. Cette qualite est une suite necessaire des autres que l’on y encore u«i'uppose : car de meine que la partie grosstere est compressible , parceque chaque petit corps qui la composc etant auffi compose de corpus- ^ extra-"cules, joints ensemble par quelques endroits , & separez par d’autres,me.il s’ensüit que les parties eloignees peuvent se rapprocher, & cellesqui font jointes se separer > 8c c’est lä la maniere qui rend un corpscotnprestible. Par la meine raifon , la partie subtile ne sqauroit etrecomprimee, parce que n’etant composee que de corpuscules spheri-ques tous d’une meme espece , iis font toüjours joints autant qu’ils lepeuvent etre les uns aux autres par leur pesanteur ; outre que leur na-tUrefindivisible, c’est-ä-dire, incapable d’etre actuellement divisee ourompue , repugne absolument a la separation des parties , laquelle estrequise pour Ia compreffibilite.
Or on ne pretend pas, que Pindivifibilite , que l’on suppose dans Quelle estles corpuscules, ibit une indivisibilite physique,il suffit qu eile soit mo-rale, c’est-ä-dire, qu’il n’est pas concevable qu’elle p niste jamais arriver, c0V p U s cu .parce que les railbns qui rendent les autres corps moralement divisibles les >■ne se rencontrent point dans les corpuscules, ainsi qu’il fera expliquedans la suite. Il suffit poür le present que 1’indivisibilite repugne a lacompreffibilite.
Alegard des conjectures qui peuvent sonder la troisieme Hypothese, Que lesje dis que si l’on suppose que tous les corps font compofez de corpul-quies indivisibles, c’est-ä-dire, incapables d’ctve actuellement divisez,ds doivent avoir une figure certaine & immuable , puisqu’elle ne peut uac figm-e,cti'e changee que par la division qui arriveroit a leurs parties, qui pour certainedonner une autre figure a tous les corpuscules devroient changer deplace. Joint que ces corpuscules etaA etablis comme les elemens desuutres corps , iis doivent etre des chofcs simples , c’est-ä-dire , exem-ptes a’une composition qui soit de la nature de celle dans laquelle iise ntrent; ct il laut conceyoir que de meme que le quart d’tine imre
ndl