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Tome premier.
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ET DE LA DURETE' DES CORPS. ti

ticules de l’eau lorsqu’elle etoit fluide. De sorte que de meine que lacondensation, qui arrive ä l’eau quand eile se glace , ne diminue pointsensiblement son volume total lorfque les parties groflieres de 1’eauviennent a se joindre parce qu’elles se soutiennent a-peu-pres com-me les parties groflieres du vin quand elles forment le tartre ; la rare-faction, qui lui arrive aufli en quelque faqon par les spongiositez quise font dans sa subscance , n’augmente point son volume ; parce qu’ilne lui survient point de nouvelle substance, qui s’insinue entre ses par-ties , ainsi qu’il se fait ordinairement dans ies autres especes de rarefa-ction. Au contraire il arrive toujours , que 1’eau en se glacant perdquelque chosc de sa substance de ses propres parties, ainli qu’il sevoid par experience quand la glace vient a se fondre : car alors il setrouve qu’clle a soufiert plus de diminution en une heute qu’elle estä se glacer , qu’elle ne fait en tout un jour de 1’ete ; parce que les ca-vitez , qui la rendent spongieusc lorsqu’elle commence a se glacer,donnent lieu aux parties , qui ne font pas encore attachees les unesaux autres par la congelation , de s’evaporer : ce que la fluidi te que1’eau a pendant 1’ete ne Iui per met pas, a cause que cette flu’idite larendant comme solide, eile ne s’evapore que par fa furface exterieu-re v au-lieu que lorsqu’elle devient fpongieuse , eile a une infinite cefurfaces en dedans , par lesquelles eile peut s’evaporer. Cependanttant qu’elle demeare glacee , eile ne diminue point son volume a pro- & qu’ejie..portion de fa matiere , & c’est ce qui la fait neger fur 1’eau , qui n’est n a 8 e ser.pas encore glacee , Lc qui avec un egal volume a davantage de seb- r Mu .stance pesente.

Car il fäut eoncevoir, qu’ä 1’abord que la partie subtile de 1’air com-mence a serrer les parties de 1’eau, lorfque par la soustraction des cor-puscules coramuns, qui commencent a manquer , elles iront presqueplus rien qui les empeche de se toucber par les faces plates, que-s’approchant ainsi les unes des autres elles laifient des vuides qui ren-dent tonte la mafle de 1’eau fpongieuse , ces vuides donnent aifementoccasion a beaucoup de parties propres de l’eau de s’evaporer ; pan-dant que toute la mafle se soutient & conserve un meme volume parla jonction des faces des particules groflieres , lesquelies ne cculantplus les unes contre les autres s’arretent & font comme des voutes,par les cavitez defquelles plusieurs particules propres s’ecoulent & s’en-Volent avec les corpufcules communs , qui par lear interposition ren-doient 1’eau coulante , avant que le froid fut arrive au point qui ope-re la congelation par la suppreflion de Ia matiere des evaporations.

11 s’enfuit de ces hypotheses , que ce n’est point le iroid qui faitütunediatement la constriclion £c le resserrement qui arrive au corpsquand il est excessis, mais que c’est la pesanteur de la partie subtile de1’air qui fait cet esset, en conscqueace de la suppreflion des evapora-tions que le froid a causeej Que la douleur qu’on. reflent par le froid.

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