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Tome premier.
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Que l’eaucst i'ncompreffible.

** DU RESSORT

vient de cette constriction qui blesse les parties sensibles en les froif-sant; Qu’alors le fang est repousse au dedans du corps , les arteres e-tant resserrees 8c retrecies j Que par cette meme raison les] membresfönt gangrenez 8c tombent, etant destituez de la chaleur 8c des efpritsque le fang leur doit apporter continuellement j Et qu’enfin le froidest veritablement une privation, c’est-ä-dire, une fuppreffion des cor-puscules volatiles 8c fluides , que la maffe des evaporativus qui föntdans l’air doit fournir ä tous les corps , pour empecher etant interpo-see entre les corpufcules grostiers qu’ils ne fe touchent de trop pres.

Pour ce qui est de l’incompreflibilite que je fuppofe dans l’eau , il' saut considerer que l’eau est un corps d’une nature tellement particu-liere 8c si differente de celle de tous les autres corps , qu’il n’est pasdifficile d’accorder qu’elle peut avoir une propriete auffi particulierequ’est celle de cette incompreffibilite, qu’il est necessaire de fuppo-ser pour expliquer les Phenomenes de fa congelation j fuppofant en-core., que cette incompreflibilite ne fe trouve point dans les autresraatieres, dont on fait les vafes qui se cassent lorfque l’eau qu’ils con-tiennent vient ä fe glacer.

Le particulier de la nature de l’eau-, suivant mes conjectures , con-siste en ce qu’elle n’est compofee que de deux fortes de fubstances,fgavoir de fes parties propres & des corpufcules communs ä tous lesautres corps , qui paflent incessamment (ainsi qu’il a ete dit de l’air)dans tous les corps, 8c qui cn ressortent auffi incessamment. Or jefuppofe que les parties propres de l’eau ne fbnt que d’une efpece , 8cne fönt point distinguees en volatiles Sc fixes, en terrestres , salines,fulphurees, phlegmatiques, comme dans les autres corps. Je prensmes conjectures pour cela de ce qu’on ne fepare point de l’eau par ladistillation ces differentes fubstances } que tonte l’eau s’evaporej 8e quece qui s’en eleve dans la distillation n’est point different de ce qui de-meure quand on ne pousse pas la distillation jufqu’au bout.

Cette homogeneite etant fuppofee dans l’eau , il s’enfuit qu’elledoit etre incapable d’etre comprimee; puifque les corps ne fönt com-preffibles, que parce que lorfqu’on les presse il arrive que les partiesles plus subtiles 8c les plus mobiles d’entre celles , qui entrent dans lacomposition de leur fubstance 8c de leur volume ordinaire , fönt pouf-sees dehors , & que les autres parties , dont la nature est d’etre atta-chees enfemble, demeurent 8c s’approchent les unes des autres. Ainsiquand on presse une eponge,on en fait fortir l’air ou la liqueur qui en-trent dans la composition de fon volume ordinaire , 8c quand on batun fer chaud, on en fait fortir les parties vitrifiees que le feu a renduliquides. Mais quand on presse l’eau , comme eile n’a point de 'par-ties qui en puissent fortir pour donner occasion aux autres de s’appro-cher , il est impoffible qu’elle fouffre aueune compreffion , n’y ayantpoint dans fa fubstance de differentes parties, dont les unes foientdifpo-