DU MOUVEMENT
Que leraccour-cissementdes fibresde laMembra-ne propredechaquemuscle estJa cauteJa plusprobablede leuraction.
lent, de la meine maniere que les Cordes d’un luth , Iefquelles etanttendues fönt toüjours pretes ä tirer les parties auxquelles elles föntattachees: car y ayant des mufcles oppofez les uns aux autres, dontles uns fönt pour flechir les autres pour etendre la partie ä laquelleils fönt attachez , leurs fibres qui fönt naturellement tendues , tirentegalement la partie , chacune de fon cote : ce qui fait que taut qu’el-les fönt en cet etat, la partie n’a ni flexion , ni estension : tnais lafiexion fe fait lorfque les mufcles oppofez a l’endroit vers lequel laflexion fe fait, venant a etre relächez , & ainsi ceux qui fönt du co-te de la flexion n’ayant rien qui empeche leur action , ils tirent lapartie par la vertu du Ressort de leurs fibres; l’extension fe faifant auflide la meme maniere , fgavoir, lorfque les mufcles flechifleurs föntrelächez : en forte que cette constitution des mufcles , qui peut etreappell ee perispastique , parce qu’jl y a traction de tous les cotez, arapport avec le mouvement periftaltique , qui pousse & qui comprimeaufli de tous les cotez.
Or ce raccourciflement des mufcles ne doit etre attribue qu’aux fi-bres qui composcnt la membrane propre qui les couvre , & qui vontde la tete du muscle ä sa queue : car il fe trouve que la piüpart desfibres de la partie charnue des mufcles ne fönt point selon la directioridu muscle; en sorte que leur contraction ou relaxation ne sgauroitfaire que la queue ou tendon du muscle s’approche de la tete , qui estce en quoi consiste le mouvement que le muscle a pour tirer les par-ties : & il y a encore apparence , que la chair des mufcles n’est que lemagasin dans lequel est preparee & refervee la matiere des esprits,par le moyen defquels la membrane propre du muscle fe raccourcit,lorfque cette fubstance 'vive & subtile s’insinue dans les efpaces, queles fibres laiflent par leurs feparations, ainsi qu’il a etc dit.
Dans ce Systeme il saut fuppoler , que l’action des esprits destinezau mouvement n’est point d’operer la contraction , comme dans leSysteme ordinaire j mais au contraire de produire une relaxationdans les mufcles oppofez ä ceux qui fönt la contraction : en forte quecela etant ainsi, Ton pourvoit dire que les esprits qui fervent au mou-vement, n’en fönt pas proprement la caufe: de la meine maniere quequand on lache la bride ä un cheval , on n’est qu’improprement lacaufe de la courfe; la verite etant, que ces esprits donnent seulementoccasion d’agir ä la vcdtable caufe , qui n’est rien autre chose que laforce du Ressort, dont tous les corps capables d’extenfion fönt natu-rellement pourvüs , les uns plus, les autres moins , fuivant la dispo-sition differente des corpufcules dont ils fönt composcz , ainsi qu’il estexplique dans le Traite de la Pesanteur , du Rejfort , £5? de la Duretides corps.
Cette force fe remarque dans la puissante action que les mufcles föntparoitre dans les luxations, oü la peine que l’on a ä les reduire vient