DES plantes; 8z
ment revetu des qualitez propres 6c singulieres de chaque partie.
C’est ainsi qu’il eil croyable que 1a racine des Plantes donne auxportions de la feve , qui lui revient de chacune des parties , Ies dilpo-sitions necessaires pour recevoir le dernier caractere que raffimilationlear dost imprimer , 6c que l’on peut dire- que k racine d’un Arbre,qui ne reqoit plus cette portion considerable qui lui revenoit des restesde la nourriture de toutes les feuilles , est notablement affoiblie ; soitque demeurant oisive par la privat ion de la principale matiere de sontravail, eile tombe en une langueur qui devient enfin pernicieufe ätonte la Plante : soit que l’abondance du fuc-, qu’elle reqoit de la ter-re , 6c qu’elle envoye dans le tronc & dans les branches, ne trouvantplus de feuilles qui lui impriment les dispositions salutaires qu’elles fönt■capabies de lui donner , retourne ä la racine destituee de ces qualitez,
& avec une erudite qui lui est ä charge , 6c qui , s’il saut ainsi dire,la noye 6c l’etouffe.
La perte, que la plüpart des Arbres fönt de leurs feuilles en autom-ne , ne leur est pas nuisible , parce qu’en ce temps 6c pendant toutl’hiver la terre etant privee des bonnes influences de l’air , ne conqoitpoint cette fermentation qui pousse le fuc dans les racines, & alorsayant peu de feve , elles la consument tonte en la nourriture du bois& de l’ecorce avec toutes les circonstances ordinaires de la Circu-lation.
On a choisi deux feps de Vigne de meine efpece 6c de meme force, iy;situez proche fun de l’autre 8c en un meme foleil. Lorfque le frustLa sevesecommenqoit ä meurir , on a ote toutes les feuilles ä Tun des feps ; il cuir d-insest arrive que les raisins de ce fep n’ont meuri qu a demi, & que ceuxj^ p“ 1 ^,a qui Ton avoit kille les feuilles, ont aquis une maturite ftns com- de !a allerparaifon plus parfaite que les autres. Cette Experience confirme les au* fruits,inductions de la precedente, 6c fast voir premierement, que les feuil-les des Arbres ne fönt pas faites, ainsi qu’on croid , pour couvrir lesfruits, 6c qu’elles ne leur fönt point utiles en les defendant de la tropgrande ardeur du foleil, puifque beaucoup des grappes du fep qui enavoit, toutes fes feuilles ayant toüjours ete expolees au foleil pendantle temps de la maturation , n’ont pas laifle de meurir austi parfaite-öient que celles qui etoient couvertes dans le meme fep.
En fecond lieu , cette Experience fält voir, que le principal ukge^om la
l’action la plus importante des feuilles dans les Arbres est de cni-le le fuc qu elles re§oivent 6c de le preparer , astn que ce qui en re- p en j j e .tourne dans le tronc 6c ä la racine , etant enfuite renvoye de la racine celle quiaux fruits, leur fournifle une matiere plus noble 6c plus perfeciionnce s ' e<} s f ltePar la coction.qu’elle a recü dans les feuilles , que n’est le fuc que la^eine reqoit de la terre : car les fruits du fep depouille de fes feuilles^ns le Systeme ordinaire auroient du profiter de l’abondance de la
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feve,