Band 
Tome premier.
Seite
84
JPEG-Download
 

des A r-bres,

84 DE LA CIRCULATION DE LA SEVE

seve, que les feuilles otees leur lailTent, en jouistant feuls de toutekforce de la Plante , qui par ce moyen ne seroit employee qu’ä la nouf-riture da fruit. Mais il y a bien plus d’apparence de dire , que com-me le fruit est la fin pour laquelle toute la Plante travaille , plus laPlante a de feuilles, c’est-ä-dire, plus eile est grande a proportion desfruits qifelle polte, & plus les fruits ont de facilite ä venir ä leur per-fectiori, y ayant un plus grand nombre de parties qui y travaillent.

Ce Theo- Ce Theoreme pourroit sonder une regle pour la taille des Arbres,sTY- a. eUt seroit que pour avoir des fruits plus gros 8c de meilleur gout ilbien faire kudroit eouper feulement 8t retrancher une partie des boutons ä fleur,la taille 8t laisser tont le reste du bois , afin qu’en donnant moyen ä ce boisde croitre & de produire beaucoup de branches 8c de feuilles, onpourvüt ä avoir , s’il saut ainsi dire , comme un grand nombre d’ou-vriers & de ferviteurs destincz ä travailler ä la perfcction de la matu-rite des fruits. C’est par cette raifon que pour rafraichir les entrail-les ,& pour en corriger en quelque faqon la lecheresie, le bain univer-sel a toute une autre force que les fomentations des bypochondres ßcdu ventre , & que le demi-bain : en forte qu’il y a apparence que lesentrailles d’un corps qui auroit six bras 8t autant de jambes rece-vroient un bien plus grand rafraichißement du bain entier, par la-raifon que la bonne temperature , que -l’eau communique au fang.contenu dans la peau , 8t qui retourne aux entrailles, doit avoir plusde puisiance de fe communiquer aux entrailles. Par ce moyen , pluscette peau a d’etendue , & plus il y a de parties qui reqoivent cetteimpreffion falutaire , ßt qui fönt capables de la communiquer aux par-ties internes.

Il paroit en troisteme lieu , que les feuilles en quelque faqon tien-nent lieu de meines , & qu’elies fönt un office prefque pareil , ainfiqu’il fera explique dans la onzieme Experience : carde mdme que lesmeines travaillent pour tout le reste de la Plante en cuifant tant lesuc etranger qu’elles recoivcnt dc la terre , que le fuc propre qui leurrevient de toutes les autres parties de la Plante ; les feuilles fönt lameine chole en cuifant tant l’humeuf etrangere qu’elles recoivent deFair & de la pluye , que le fuc propre qui leur est envoye de la ra-cine.

C’est par cette raifon que les Melons meurissent bien plus parfai-tement quand le fruit est couvert avec des cloches de verre, qui cmpe-cHant que la pluye 8t la rosee ne les mouillent n’empechent point queles feuilles n’en fbient. mouiliees: car de meine que l’eau tombant im-?

& a cou-vrir bienä proposles f'-uitspour nelaiifertornbevla pluye

«T

fetmies,

mediatement iur ie fruit 8t l’abbreuvant empeche qu’il ne meurifieen lui faifant conlumer inutilerneut la puiflance qu’il a pour meurir, £furlesl’cmployant a la coction sie l’humeur crue de la pluye, qui est un tralies. vail plus difficile que a’est la coction de la seve que la racinc lui

r

8c

preparee ; cette meine tau qui abbreuve les feuilles fournistant ä k

ra-