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Tome premier.
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<94 :DE 'LA CIRCULATION DE LA SEVE

ciiement que 1’eau pure : ce qui n’arrive pas a 1’humeur huileuse &sulphuree, qui est la matiere prochaine de la nourriture.

Vitruve dit que pour rendre le bois a bätir plus durable & plus fain^il saut faire cerre incision aux Arbres quelque temps avant que de lesabattrc, pour en tirer 1’humidite erue, comme par des saignees. Geremede se pratique meine aux Arbres que l’on n’a pas dessein d’abattre,cn fiiismt un trou a leur tronc poür les decharger de leur humidstesuperflue; & l’on remarque que 1’east, que 1’on en fliit ainsi sortir,estclaire & presque insipide, meme dans des Arbres dont l’ecorce a beau-coup d’amertume , ou quelque fiiveur forte & piquante : comme sidans ces sortes d’Arbres l’ecorce ctoit salte pour conduirc la leve quidost nourrir tout 1’Arbre , & que le bois fut pour ramener a la racinela partie aqueusc & inutile : ce qui rend la comparaifon de Vitruve.asses juste ; parce que la saignee est 1’evacuation de la partie du sangcontenue dans les veines,qui est moins noble & moins propre a nourrirles parties du corps,que celle qui est enfermee dans les ai teres: & ain-si cette portion du fang erant moins elabouree , eile peut etre oteelans que le corps souffre une perte qui soit comparable a celle qü’ilfair quand on lui ote du sang arteriel.

Cette reflexion peut faire concevoir, que dans la saignee, qui estpratiquee ordinairement pour la guerison des maladies, il ne se faitpas une perte austi considerable du thresor de la vie ,' suivant la nou-velle hypothese de la Circulation du fing , que selon 1’hypolhese desAnciens; & que les confequences que 1’on tire de 1’affoiblisiement quiarrive apres les pertes de fing , cauiees par les playes, ou par d’autresmaladies, pour inferer une grande diminution des forces dans la sai-gnee artificielle , ne sont pas tout-a-fait justes st p.irce que toutes lesevacuations du fang , hormis celle qui se fait par la saignee artificiel-le , sont des evacuations d’un fang elaboure avec un eflort considera-ble de la Nature , qui se peine beaucoup pour mettre ce sang en eratd’entretenir la vigueur de tont le corps ; & le lang qui le tire par lesfiignees n’est que le reste du bon fing , ou un lang imparsait , qui ala verite fournit au bon sang une partie de sa mauere ; mais austi ilest le sujet & la matiere d’un nouveau travail au coeur , au poumon,& aux autres parties qui la doivent reclifier , & generaiement a toutesles parties du corps, dont la vigueur depend de celles qui travaillenta la fimguisication , auxquelles il seroit plus avantageux d’epargner letravail , que de leur en laister trop de matiere , loriqu’elles sont affoi-blies par la maladie.

O n a fouille au pied d’un Arbre , & on a tire hors de terre unede scs racines, dont l’ecorce ayant ete quelque temps a l’air j’est epaif-sie, endurcie , 8c desiechee , & etant devenue en quelque sagen iem-cxu-emitczblable a l’ecorce du tronc oi des branches de 1’Arbre , on y a ente un

re-

xiii.

I.’emure,que l’onfair aux