DES. PLANTES. 1Q j
pole dans les Plantes qui germent, vegetent , & subsistent vivantes aleur maniere pendant leur attache ä la terre, ne peut etre autre quecelle qui les vivifie en toutes leurs parties. Elle etöit dans la scmen-ce avant la germination , St en la germination eile s’est cxpliquee &etendue en merae temps dans les deux parties du germe , qui sont letronc, lequel paroit le premier avec deux petites feuilles, St la racine,qui fort enfuite pour s’attacher a la terre. Cette faculte est donccommune ä toute la Piante , St reside en toutes les parties , ä chacu-ne defquelles eile imprime le caractere qui lui convient. Ce que laracine a de particulier est , qu’elle est comme la bouche , 1’estomac,les intestins, St les conduits lactees, par-ou passe 1’aliment de la Pian-te, St oii il recoit les premieres difpositions pour la nourriture. C’estpar la racine que 1’esprit vivifique de la terre s’insinue avec 1’eau danstoute la Piante pour fomenter 1’efprit fpecifique qui la vivifie; & c’estpour la recevoir que la leve des branches & du tronc circule & rc-tourne vers la racine , qui ne fait point dans les Plantes un office pa-reil a celui du coeur dans les Animaux ; les parties organiques desunes n’ayant point de juste rapport ä celles des autres, ni en confor-mation ni en ufage propres , mais feulement analogiques. En quel-ques Plantes la mouelle du tronc St des branches a une fonction pro-portionnee a celle du coeur des Animaux , St on lui donne le nom decoeur ; en d’autres c’est la matiere plus solide qui environne cetternouelle , St que 1’ecorce couvre pour conserver la seve ; en d’autres.c’est 1’ecorce meine oü reside la vie. C’est en ces parties que la viede la Plante fe conferve quand elles fönt faines , St fe detruit quand-dies fönt offenstes.
La sin de la Circulation de la feve dans les Plantes St celle du fang,dans les Animaux fönt pareilks , si c’est , comme je penfe, pour l’en-tretien de lefprit vivifique des unes St des autres, par la reception StVeiture continuelle d’une fubstance fymbolique capable de le fomen^ter. Cet efprit vivifique reqü d’ailleurs n’a pas befoin dans les Plan-tes de preparations pareilles ä celles qui fe fönt dans- les Animaux r ..ausii les Organes de ces preparations n’ont-ils point de ressemblancequoiqu’il puisse y avoir quelque rapport entre les premiers organespar-oü-l’esprit externe vivifique est rccii avec l’aliment, par le restedu fuc nourriffier qui circule pour l’aller piendre. La racine de laPlante peut etre comparee ä la bouche de l’Animal : car c’est parl’une St par l’autre que cet efprit est recü ; mais le fuc , qpi lui fert"de vehiculo , St qui entre avec lui, fouffre plusieurs alterations dannPestomac St dans les intestins des Animaux,- avant que d’etre admis airc ceur pour y fomenter 1’efprit fpecisique de la vie oü le fang retour-31 e pour le prendre St le distribuer par tout le corps , fiins l’aller cher-c her jufque dans 1’estomac St ä la bouche , comme fait la feve dan?ks -Piantes , qui va reprendre dans la racine , qui fert de bouche Str.
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