M DU BRÜIT
Tair est laaise de comprendre que l’air, lorfqu’il est coupe ou rompu, siisse plnscausede jg b ru j t q ue q ua nd ii est limplement frappe ; un morceau de bois outaston pi erre ne ssit pas pius de bruit par le coup de marteau qui le bri-
sest pas se , que par celui qui le frappe rudement sans le brifer : car quelleprobable, peut etre la raison qui fait que cet air coupe agite 1’air & frappe 1’oreil-le a deux lieues du lieu ou il est coupe ? Ceux qui croyent que le fond’une flute vient de ce que 1’air est coupe par le trenchant de Ia lan-guette fur lequel il est pousse , n’y ont pas asses pense ; puifque l’ex-perience fait voir , que pour faire fonner la flute 1’air doit frapper di-rectement & pcrpendiculairement le trenchant de la languette , quipour cet esset doit avoir une epaisseur considerable ; en forte que sil’on fait cette languette trop trenchante, la flute ne sonne point.
Les ondes Pour expliquer un peti mieux par cette hypothese la maniere dontqn'ils ont p a j r a gi t e p ar l C s corps qui se choquent produit & fait continuer cet-pour'cela te agitation jusqu’a une tres grande distance , les Anciens Lc les Mo-n’y sont dernts difent , que 1’air divise & coupe par le choc de deux corpspas pro- fait des ondes qui se continuent jusqu’a 1’organe de 1’oui'e , de la me-me maniere que 1’eau d’un lac , qui etant divisee par la chute d’unepierre proche de Tun de fes bords fait des ondes qui fe continuent juf-qu’a l’autre bord qu’elles vont frapper. Cette comparalion est fortfpecieufej car eile fait clairement entendre commem un corps fluideetant pousse fait passer fort loin 1’effet de cette impulsion , quoiqu’o-beistant, comme il fait , au choc qu’il reqoit , il ne femble pas etrecapable d’cn continuer 1’effet comme feroit un corps solide , tel qu’estun bäton, qui etant pousse par un bout pousse par 1’autre de la mememaniere qu’il a ete pousse par la partie opposite : car Pimpulsion faiteä 1’eau continue ainsi fon esset, parce que 1’eau , qui s’eleve autourde la pierre qui la divise , pousse en fe rabaissant 1’eau voisine , & lafait elever; & cette partie de 1’eau elevee en retonabant ensuite enfait elever une autre , ce qui fe continue fort loin , & apres avoir di-minue par degrez , cesse enfin tout-a-fait. Or la meme chose arriveä 1’agitation qui fait le bruit, laquelle s’etend a une distance qui n’estpoint infinie, & eile ne fe fait point en un moment.
Mais ces petites convenances, qui fe rencontrent entre les effets de1’agitation que cause une pierre jettee dans 1’eau , & les effets de 1’agi-tation qui arrive a 1’air par le choc de deux corps qui fönt du bruit,n’expliquent pas les principaux Phenomenes de 1’agitation particulieredont il s’agit, 6c il y a bien des chofes qui y repugnent.
Premierement j la division de 1’air que 1’on fuppole, est une choseftre divisi abfolument opposee a ce qui est requis pour 1’effet dont il est question:pour pro- car 1’air ayant comme il a une si grande Allidite , que lorfqu’il estduire le pousse il fe send & fe divise aisement, en sorte que les parties pouf-baut. fees, au-lieu d’en pousser d’autrcs devant elles , fe reti ren t derriere lecorps qui les pousse; il est evident que la divisibilite cie 1’air nuit abso-
iument,