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Tome premier.
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169
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PREMIERE PARTIE. Chap, in. 169

de l’espace , 6c dans.la Promptitude du teinps dans lequel eile fe fait. bruit con-Quand je dis que dans l’agitation qui cause le bruit le mouvement se sist e enfait par un petit espace , je n’entens pas parier de l’espace qui est de- ^ eux cll .°"puis l’endroit oü les corps fe choquent jusqu’ä l’oreille : car cet espace som ^ "peut etre tres grand : mais l’espace dont j’entens parier eis celui dans i.lequel chaque particule de l’air est remuee, de maniere que la pre- petites-miere particule de l’air qui est remuee par le choc des corps , Lc la. „ de V er 'derniere qui trappe l’organe de rouie, de meine que toutes les autresjequel eilequi fönt entre-aeux , ne parcourent chacune qu’un tres petit espace: fe fait 4ce qui n’est pas dans les autres agitations de l’air : car dans le ventchaque particule de l’air est remuee par un tres long espace, de memeque dans le mouvement d’une eau courantej au-lieu que ce petit espa-ce que je suppose dans le mouvement de chaque particule de l'air,lorsqu’il le fait du bruit , est pareil a celui que parcourent de petitesboules arrangees für un plan en ligne droite, lorfqu’ayant poüsse lapremiere , on fait qu’elle remue la derniere en remuant toutes cellesqui fönt entre-deux : car pour faire que la derniere seit ainsi remueepar la premiere , le moindre espace que l’on se pulste imaginer suffit.

Je me fers ausii de la meme comparaifon pour expliquer l’autre condi-tion necesiaire ä l’emotion qui cause le bruit $ & pour faire entendreComment la promptitude du mouvement y est necestaire , je dis quede mdme qu’il arrive que st l’on pouste la premiere boule lentement,on aura de la peine a faire que la derniere soit remuee , parce qu’il ar-rivera que les boules d’entre-deux fe detourneront : 6c qu’au contrai-re , st cette premiere est poussee avec une extreme vitesse , cela n’ar-rivera pas , parce que les boules d’entre-deux n’auront pas le tempsde fe detourner: par la meme raison les parties de l’air, qui fe doiventpousier l’une l’autre pour transmettre jusqu’ä l’oreille l’agitation quefönt les corps qui causent du bruit, doivent avoir un mouvement tresvite, astn qu’elles n’ayent pas le temps d’esquiver, ainsi qu’il sera ex-plique dans la suite.

Je me contenterai donc de dire ä prefent ce qui appartient aux ef-fets de cette Promptitude extreme de l’air remue dans un espace ex-tremement petit , 6c comme on peut apparemment attribuer ä cesdeux chofes tous les Phenomenes particuliers de cette agitation parti-culiere dont il s’agit, apres avoir fait restexion für ce qu’un mouve-ment extrdmement prompt est capable de faire.

II y a deux chofes, ä mon avis , auxquelles on doit attribuer unegrande partie des effets furprenans qui fe voyent dans la Nature ; fca-Voir , la fubtilite des particules , 6c la vitesse du mouvement. IVlaisces effets nous furprendroient beaucoup moins, st notre efprit etoitaccoutume ä fuppoier ces qualitcz auffi extremes qu’il est necessai-re , & comme il est tres facile de le faire ; car par exemple qu’ya "t-il d’incomprehensible dans l’effet du choc d’un fer contre un cail-

7’ome IL Y lou,