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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. Cha p . I.

les unes des autres par la rarefaction caufee par sa chaleur.

Ainsi quand les sels qui font le gout de chaque chofe penetrent lalangue , ou que les vapeurs odorantes s’insinuent dans les membranesdu nez, ce n’est point le mouvement par lequel les sels liquifiez p a f-sent dans les pores de la chair de la langue, ni celui par lequel la va-peur entre dans les pores des membranes du nez, qui produit la fen-sation i mais c’est le mouvement imperceptible , par lequel les parti-cules des Organes de ces sens font remuees, chacune d’une maniereparticuliere & conforme au mouvement des particules de l’objet : de pareil ämerae que quand les eaux fortes brulent le papier Lc le linge, ce n’est ceIui p->rpoint parce qu’elles s’imbibent & qu’elles penetrent dans les pores de leque l. lesces fubstances par un mouvement manifeste, car 1’eau commune les teTroiv "penetre ainsi fans les bruler , mais c’est parce que les sels dissolutifs & gent cecorrosifs, qu’elles contiennent, font capables d’exciter un mouvement I 1 ' 1 * sc|sa ' £imperceptible & plus subtil que n’est celui qu’elles ont en entrant dans d /. ns un -les pores formez par les intervalles des filets, & de penetrer les filetsmemes.

Tout de mLme le mouvement, que 1’oeuil apperqoit dans les corpsqui csiangent de place, n’est point celui qui fait la fenfation de la vüe,mais c’est le mouvement imperceptible des particules de l’objet , quietant ebranlees par la liimiere ebranlent les. particules du milieu, parlequel la vision fe fait , & enfuite les particules de 1’organe de lavüe.

Or il n’y a point , ce me femble , de raifon pour laquelle il faillecbanger cette analogie dans ce qui appartient a la maniere dont fe faitla fenfation de 1’ou'ie ; & la penfee , que tous les Philofophes ont euejufqu’ä prefent , que le mouvement manifeste des corps qui fe cho-quent est la caufe prochaine & immediate de 1’agitation particuliere defair qui sisit le bruit, ne peut, ce me femble , avoir d’autre fonde-ment que le peu d’attention que l’on a eu dans l’examen qu’on a faitdes chofes qui appartiennent a cette matiere.

Chapitre II. /

Que le mouvement qui cause le bruit a me extreme

vite jse. ’

P Our expliquer la feconde hypothefe , qui est de la vitesie duLemilieamouvement qui fait le bruit, je dis que ce mouvement fe peut c lansle-considerer en deux manieres: car on le considere ou dans 1’objet, dans qup ! lplequel les particules premierement ebranlees agitent 1’air enfaite , ou f a k n’ e stdans 1’air, qui etant ainsi agite frappe immediatement 1’organe de pas si pi-o-1’ou'ie. La meme chose fe fait dans la vüe , oü il y a un premier p>' e pour

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