t8ö DU BRU1T
titude du mouvement des parties de l’objet emües par la lumiere , 6c un so*mentq'ue con ^ dans 1e Milieu qui se rencontre entre l’objet 8c l’organe. Lale Milieu difference qu’il y a entre les manieres d’agir de ces deux fens est , quedelayüe. so sccond mouvement dans la vüe a plus de vitesse que dans l’ouie,dans laquelle on remarque un retardement qui n’est point sensible dansla vüe , oü le mouvement, qui se fait de l’objet ä l’organe dans unefpace presque infini, paroit se faire en un Moment. Et la raisonpour laquelle cela n’est: pas ainsi dans l’ouie est, que quoique le mou-vement des particules de l’objet füt egalement vite dans ces deuxfens, les fubstances qui leur fervent de milieu fönt de nature tout-ä-fait disterente.
Xa panie Car comme cette substance , dans laquelle nous sommes, que nouspostiere respirons , 6c que l’on appelle l’air , n’est point une chofe simple,.d?miXsu^ ma * s ^ornpofee de deux fubstances, l’une plus groffiere, 6c lautre trespoul . subtile, l’on peut croire avec quelque raison , que la partie subtile estrou'iecelle qui sert de milieu ä la vüe, & que la groffiere est le vehicule parlequel les corps transmettent leur emotion qui caufe le bruit jufques äl’öreille. Les Experiences qui so fönt dans la macbine du vuide con-firment cette ceconomie , qui distribue ainsi une partie de l’air ä unsons, 8c une autre partie ä l’autre fens: car sorfque par le pompementon n’a l’aisse dans le recipient qu’une tres petite portion de l’air grös-ster , 6c qu’il n’est presque plus rempli que de la partie subtile , ons’apperqoit que le bruit d’une horloge , que l’on fait sonnet dans lerecipient , ne s’entend qu’ä peine , quoiqu’alors on y voye auffi-bienles choles qui y fönt enfermess qu’avant qu’on eüt öte l’air grös-ster.
Ainsi le brouillärd, par lequel l’air est rendu plus groffier , ne nuitL ' pas ä l’ouie , comme il fait ä la vüe , 6c le vent qui n’agite que la
partie groffiere de l’air n’empeche point reffet-que les objets fönt fürla vüe , comme il empeche , ou du moins comme il change l’impref-sion que Tagitation qui cause le bruit doit faire für l’organe äs'L’ou'ie.
alle au e Or ces deux fubstances ne sont pas feulernent disterentes par la fub-eompref tilitc , elles le fönt encore par beaucoup d’autres qualitez essentielles;-sibilite j car la partie groffiere n’etant prop.rement que l’amas d’une infinite departicules que les corps qui fönt fur k terre laissent fortir par leursevaporations, ces particules ont les meines qualitez que les corps ter-restres que nous connoissons. Entre ces qualitez il y en a trois qMfönt au sujet j sgavoir, une pesanteur qui ferre ces particules les unesfür les autresune figure fpherique ou approchante de la spheriqu equi les rend fort mobiles , 8c une compreffibilite qui fait qu’elles r> eresistent pas abfolutnent ä la percuffion. Et il saut fuppofer que cettecompreffibilite , de meme que les deux-autres qualitez , n’est qqe me-diocre.
Dans-