, ces, quifont lebruit cu-de, 8c lebruitdoux.
Les causesde cesdeuxbruits.
Le bruitrude enquoi diffe-rent dubruit roin-pu!
>Le bruitdoux Com-ment pro-duit ’
En quo i ildissere dubruit rom-: pu ;
2QÖ DU BRUIT
tre est Dom : car quoique le rude & le doux ne solent differens qnepar le plus ,& par le moins, iis ne laiflent pas d’etre capables de fairedes efpeces disterentes , par la raiion que quoique les caules qui fontle bruit, que j’appelle Rude , puissent, etant beaucoup diminuees,le rendre doux ; il est pourtanc vrai qu’il ne peut etre appelle douxqü’en comparaison de la rudefle qu’il a, lorfque ses caules agillent avectoute leur vigueur. Ces causes, qui font la disterence esientielle deces deux bruits , font, que le bruit doux fe fait par 1’emotion desparticules feules, & le rude est produit par 1’emotion des parties 8caes particules. Cela neanmoins doit etre pris de teile forte qu’il fautentendre, que lorfque dans ce Traite il est parle du bruit caufe par1’emotion des feules particules, cela signifie que 1’emotion des partiesn’est pas essentiellement necessaire ä certe efpece de bruit , & que s’ilarrive que.par 1’augmentation de la caufe de 1’emotion les parties vien-nent austi ä etre ebranlees, elles le font si foiblement, qu’en compa-raison de 1’emotion, que les parties des corps fouffrent dans les autresbruits, eile n’est que comme rien.
Le bruit rude n’est different du bruit rompu qile parce qu’il est con-tinu } c’est-a-dire, que les coups dont il est compofe font si serrez,qu’on n’en peut appercevoir les intervalles ; Lc ce qui le fait rude estquand les,coups font violens & frequens tout enscmble. Ainsi quand05 jnene un racloir lentement fur une pierre dure & polie, fuppofequ’il foit capable de 1’entamer , il fait un bruit rompu , & 1’oreillen’apperqoit pas sculement les coups feparement, on void meme qu’illaiste des traces fur la pierre en maniere d’ondes eloignees les unes desautres: mais quand on le mene fort vite, il fait un bruit continu rude,'8t les traces qu’il laiste fönt fort ferrees. La meme chose arrive quand-on tire un archet lentement fur une corde peu tendue , car alors il.fait un fon rompu; mais quand on le tire promptement fur une cordefort tendue, il fait un fon rude 8c continu.
Le bruit continu doux fe fait par une suite de coups peu violens 6cserrez les uns contre les autres, par lesquels les particules d’un corpsfont ebranlees par une caufe dont laction n’est point interrompue.Le bruit d’un ruisseau., ou d’un vent doux , ou d’une flute est de cet-te efpece j car les petits flots qui fe choquent, le vent qui se gliffedoucement entre les arbres , & l’air preise par une ecroite ouverture,qui va enfuite heurter la languette minee & delice d’une flute, fontdes causes qui ne font d’effort qu’autant qu’il en faut pour ebranler lesparticules, dont la peti teste est capable d’un mouvement tres prompt,& la continuit e de 1’action de ces causes fait qu’une particule n’estpas pisitot revenue a fon etat naturel par le moyen de fon ressort,qu’elie est repliee de nouveau prefque au meme instant. Cela n’estpas ainsi au bruit rompu , qui quoique produit par la continuite de facaufe ne peut avo.ir des intervalles si petits entre ses coups; par h