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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. Chap. VII. z'or

raison que les particules n’etant ebranlees qu’en suite de l’ebranlementdes parties , la grandeur de ces parties fait que lern* ebranlement nepeut avoir la promptitude necestäire a la continuite qui paroit dans lebruit continu & doux , ou le plus souvent les particules fönt ebran-lees immediatement, & fans que les parties foient aucunement etnües.

Cette maniere particuliere de produire le bruit, fcavoir, par l’emo- II fe fasttion des particules froiffees , fans que les parties soient presque ebran- P ar , la seu ilees, fait la difference qu’il y a entre le bruit des autres instrumens ^ tfon^escelui des instrumens ä vent compris fous le genre de flute , tels que particules.fönt les flageolets,les flutes douces, les flutes d’ Allemand,les prestans,

& les bourdons ou flutes bouchees des orgues : car il saut concevoir,que les corps refonnans , qui fönt ceux dont on fait les instrumensde Musique , produifent leur bruit, que l’on appelle proprement fon,en deux manieres. Les uns fönt refonnans de leur nature par l’homo-geneite de leur matiere, 8c par la liaifon uniforme de leurs parties,ainfl qu’il a ete dit; tels que fönt les instrumens qui refonnent par lapercuffion de deux corps solides, ainfl que fönt les timbres , les vio-lons, 8t les luts , lorsqu’ils fönt frappez par le marteau , par l’archet,ou par le doigt > les autres, qui tont compris fous le genre de flute,

& qui sonnent par la percuflion de l’air contre un corps solide , nesonnent que par le moyen d’une certaine flgure cave capable de refle-xion , par laquelle 11s produifent un fon qui ne depend point de leurmatiere , comme celui des autres, dans leiquels on void que les ym-bres d’or, d’argent, de cuivre , defer, d’etain , de plomb , dever-re , de terre ernte; de bois , 6c des cordes de boyau , 8c des cordesde metail produifent des fons particuliers 8t fi differens les uns des au-tres , que de deux cordes ,* dont l’une est d’or , 8t l’autre de cuivre,l’une sonne presque Toctave de l’autre, quoiqu’elles ne foient pointdifferentes ni en flgure, ni en grandeur, ni en tenflon ; au-lieu qu’une •flute , de quelque matiere qu’elle foit faite , rcnd toüjours presque le -meine fon, etant tres difficile ä l’oreille de remarquer quelque diffe-rence entre les flutes qui fönt d’argent, d’or , de cuivre, de plomb,de bois, ou de carton.

La raison de cela est , que les corps refonnans.par leur matiere pro-duifent leur bruit par l’ebranlement de leurs parties , par lequel lesparticules fönt auffi froissees: & cette emotion des parties fe fait dif-feremment felon la differente liaifon qu eiles ont les unes avec les au-tres , 8t cette differente liaifon est ce qui fait la difference des matie-res: mais les instrumens refonnans par leur flgure ne produifent leurbruit que par l’emotion des feules particules, fltuees en la furface in-terne de la cavite de l’instrument, 8t cette emotion n’est point cau-lee comme dans les autres instrumens, par le coup violent d’un corpsdur 8t solide, capable d’ebranler tont le corps de l’instrument 8c faireondoyer toutes les parties , mais par 1’impulsion de l’air einü par un

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