202 DU BRUIT
premier bruit, laquelle erneut & froifle les particules de la surface in-terne de la flute. Or ce premier bruit cause par le retour des parti-cules de la languette de la flute , lefquelles fönt froissees par le chocde l’air poufle dans le conduit de la bouche de la flute , quoique foi-ble, est asses puissant pour faire une reflexion für la surface internede la flute , 8c pour en emouvoir 8c froifler toutes les particules,l’emotion, que le retour des particules cause dans Fair, etant aideepar celle du vent poufle dans la flute.
Ce qui fait done que les flutes, de quelque matiere qu’elles foient,rendent toutes ä-peu-pres un meme fon, efl que les particules de lasurface du corps, qui fönt les feules chofes qui fönt emües dans lesflutes quand elles fonnent ne fönt que tres peu differentes dans toutesles flutes , quoique de matiere differente ; 8c qu’il n’en efl pas de me-nae des parties des corps qui fönt des fons differens , quand ils föntfrappez dans les autres initrümens , parce que les parties des corps dif-'ferens fönt differentes.
Pour me faire croire qu’il n’y a guere que les particules de la fur-face interne des flutes qui foient ebranlees, j’ai deux raifons. La pre-miefe efl, que l’impulflon de l’air ,. qui paffe par le conduit de la bou-che d’une flute , n’est pas capable d’emouvoir les parties du reffe dela flute, puifqu’elle sonne avec la meme facilite , de quelque matierequ’elle foit faite , la difference de la matiere etant cause de la diffe-rente mobilite des parties. La sceonde. raifon efl, qu’on fait cefleraifement le fon d’un inflrument resonnant par la pereuflion , Iorfqu’onle touche; parce qu’on anete l’ondoyement de fes parties, 8c qu’iln’y a point d’autre raifon pourquoi cela n’arrive point ä une flute,fi ce n’est que l’ebranlement des particules. dans le bruit qu’elle faitefl independant de celui des parties, qui efl le feul qui peut etre ar-tete par l’attouchement. Or il est constant par l’experience, que nonseulement l’attouchement de la main, qui fait cefler le resonnementd’une cloche 8c d’une corde qui sonne , n’empeche point une flute desonner,mais auffi quffme flute epaiffe d’un pied, ou cent fois davanta-ge , fi l’on veut, ne sonne point autrement que si elle'n’avoit qu’uneligne d’epaifleur, 8c qu’une flute bouchee etant enterree ou plongeedans l’eau rend le meine fon que quand rien ne la touche; ce quin’arriveroit pas, fl le fon qu’elle doit faire dependoit de l’ebranlement-'de fes parties j mais il fera parle de toutes ces chofes dans la fuite..