204 DU BRUIT
L’ccho estune partiedelarefle-xibn du
saic en regoit une partie qui lui est communiquee , en sorte que tants’en saut que cette perte & cette diminution de mouvement, non plusque cette communication qui s’en fait d’un*des corps ä l’autre , doiveempecher la reflexion , il me semble au contraire qu’on peut direqu’elle y fert , & je trouve qu’elle le fait en deux manieres.
La premiere est , que par cette perte de mouvement le corps, quifrappe & qui rencontre , est rendu plus capable du nouveau mouve-ment qu’il doit aquerir dans la reflexion, en forte qu’il est m£mequelquefois neceflaire qu’il perde entierement fon premier mouvementpour en recommencer un nouveau; parce que ce nouveau mouvementest quelquefois ablblument contraire au premier. La feconde manie-re, par laquelle la diminution du mouvement, qu’un corps avoitavant la reflexion, fert au nouveau qu’il aquiert dans la reflexion, est,.que la compreffion , qui cause cette perte de mouvement, donne oc-ca flon ä l’action du reflort du corps comprime 'de repoufler le corpsqui comprime, & cette action fe fait avec une force egale ä celle dumouvement qui a cause la compreffion : car plus un corps est poufleavec force contre un autre , & plus il rejaillit avec force , parce quela compreffion etant plus forte , plus l’impulsion du corps jette a eteviolente , la force du reflort est aufli plus puiflante , parce qu’elle estproportionnee ä la compreffion.
Or comme il y a de deux fortes de reflort dans tous les corps, (ain-ii qu’il a ete dit) fqavoir , un reflort manifeste , qui consiste dans leretour des parties comprimees, & un reflort imperceptible , qui do-pend de la compreffion des particules: il fe fait auffi une reflexion in-visible däns l’air, qui est encore differente de la reflexion manifestedes autres corps, en ce que les parties de l’air , qui frappent & frois-ient les particules dont le retour cause la reflexion, ne fönt pas lesmemes qui retournent: car de meme que la partie de l’air pouflee parle retour de la particule froiflee dans le corps qui fait du bruit n’estpas celle qui va frapper le corps oü fe fait la reflexion , mais qu’ellene fait que poufler celle qui est devant eile , &celle-lä encore uneautre, en fbrte que toutes les autres parties de l’air jufqu’au corps re-flechiflant fe pouflent les unes les autres ; ce n’est pas auffi la partie del’air, dont le corps reflechiflänt est frappe , qui retourne dans la re-flexion, & qui va frapper l’oreille : car la derniere partie , qui a frap-pe le corps reflechiflänt, ne fait que froifler les particules de la fur-face de ce corps , lefquelles par leur retour l’ont pouflee , ou meineune autre, si l’air est dans quelque autre agitation : & cette partiepouflee par le retour des particules du corps reflechiflänt en poufled’autres,. Sccelles-lä encore d’autres jufqu’a l’oreille.
Pour ce qui est de la reflexion qui produit l’echo , ces hypothefes'etant etablies, il n’est pas difficile d’en expliquer les Phenomenes, &de faire voir Comment selon Ja differente disposition des corps, qui en-• yiron^