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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. Chap. X. 211

Proportion qu’ils se rencontrent souvent; mais quand les battemens fönttellement disproportionnez qu’ils ne fe rencontrent jamais ou que tresrarement, il fe fait une dissonnancc. Par exemple, dans deux Cordesqui ont une meine tension & une meme grandeur , dont par confe-quent les battemens fe fönt en meme temps , l’unisson fe fait, parceque tous les battemens fe rencontrent. De meine quand les Cordesfönt tendues , ou fönt longues une fois plus l’une que l’autre , il fefait une octave par la rencontre des battemens, laquelle fe fait de deux,Tun ä l’egard de la corde qui sonne haut, & ä tous les battemens äl’egard- de celle qui sonne bas ; & ainsi les autres confonnances fe föntfeien les differentes proportions des rencontres plus rares ou plus fre-quentes.

Or une des raifons , par lefquelles les confonnances plaifent, & quifait au fujet, est le fecours & l’aide , que les agitations des corps quiproduifent le fon fe donnent l’une ä l’autre dans les confonnances en seperfectionnant Lc fe fortifiant mutuellement: car il saut fupposer, quecette rencontre des battemens ne fait pas feulement esset für l’oreille,Mais que les corps, dont les fons fönt ün accord , agislent auffi l’unfür l’autre & cela fe reconnoit par des effets sensibles , tels que föntles fremislemens qui arrivent ä une corde quand on en sonne une au-tre qui elf d’accord avec eile , ou quand un verre fremit & sonne lorf-.qu’on en fait fremir & fonner un autre avec lcquel il elf d’accord.Cette fympathie a deux caufes; la premiere est la mobilste, qui a eteiuppofee dans les parties & dans les particules de tous les corps, maisprincipalement des corps homogenes & refonnans, ces particules erantaifement emües par la Force qui est infeparab'e de la promptitude dumouvement , quand cette promptitude est teile qu’elle est dans lesparticules qui agitent fair pour produire le bruit. La feconde caufeest la rencontre de deux caufes, qui concourent ä la production d’unmeme esset; car de meine qu’on ebranle enfin une grosse cloche avecde tres legeres impulsions souvent repetees, quand on les menage as-ses bien pour faire qu’elles fe rencontrent avec l’impulsion que la pe-fanteur de la cloche lui donne pour retourner d’un cote ä l’autre;par la meine raifon la rencontre des battemens dans les confonnancesfait qu’ils s’augmentent l’un l’autre fort aifement. C’est par cette rai-fon qu’on casse un verre quand en criant dedans au ton qu’il sonneon mefure tellement les elancemens de la voix , que l’on fait reneo li-ttet fes impulsions avec les battemens & les vibrations que le verrefouffre en fonnant; en forte qu’on lui caufe enfin un ebranlement as-ses fort pour le casser.

C’est auffi par cette raifon que la figurc' ronde d’unc cloche & dutuyau d’une trompette , & l’egalite d’une corde qui est par-tont d’unememe grosseur , en rend le fon plus agreable , cette uniformste de fi-gure etant caufe de l’uniforrnite des vibrations, laquelle assemblc une

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