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Tome premier.
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TROXSIEME PARTIE. Chip. III 2/1

qu’ il va en s’en retournant par le chenrin qu’ ii a tenu en venant.

Jki vu une vipere , qui f'ut diflequee ä la Bibliotheque du Roi, la- Une v/pe-quelle, aprcs qu' on lui eüt coupe la tete & 6te le coeur avec tout sereste des entrailks, rampoit ä son ordinaire, & paflant d’une cour.^ irc ^“* Mdans un jardin , y chercha un tas de pierres, ou eile s’alla cacher. liehe &est impoffible de nier que la memoire n’ait eu part dans cette action, tr0lIve undans laque-lle on void que, cette bete a eu le pouvoir , non seulementde marcher, mais de choisir a l’aide du toucher qui seul lui restoit,les lieux qu’ eile ayoit autrefois connu lui etre propres a se refugier;ce- qui ne s’est pu faire par ce renouvellement pretendu des anciennestraces imprimees dans son cerveau , puisqu’ eile n’en avoit plus : caril ne faut pas dire , que la mouelle de 1’epine qui est un allongementdu cerveau erant restee , avoit fait en cette reneo utre la fonction ducerveau; si ce tuest dc la maniere que je i’entens, scavoir, en sournis-sant aux nerfs , qui, se distribuent dans les rauscles^ ce qu’il leur fautd’efprits pour servir au mouvement; car il est plus ai se de concevoirque chaque partie du cerveau est capable de fournir ces esprits, quede cornprendre que chacune des parties du cerveau conserve toutes lesimages necesiaires a la represcntation qui fait le souvenir ; ou il fau-droit supposer qu’alors il seroit arrive par un hazard bien erränge ,que les images des pierres & des cavernes, ou cette vipere avoit ac-coutumc de se retirer, se seroient trouvees heureusoment imprimees ■dans la mouelle de 1’epine.

Ces exemples , & cent au tres- qu’ il y a de cette nature, & dontQ üe j aquelques uns scront rapportez dans la suite, peuvent' faire croire que memoiredans les sonctions des animaux il y a quelque chose qui ne petit etre &lesa «-explique par tout ce que nous connoissons des proprictez des chosescorporellesj en sorte qu'on est obiige de supposer, meme dans la me- suppösent-Moire , quelque sorte de raisonnement;. puisqu’ on y void necesiaire- un raison-*ment une suite de plusieurs operations, qui ne dependent point natu- nemcnt 'rellement les unes des autres , comme les choses corporelles que nousconnoisions en dependent; car quand.le seu est mis a un canon, l’im-pulsion de la poudre allumee , le mouvement du boulct , 1’ebranle-ment du mur qui en est frappe, & la chüte des pierres qui en arrive, .sont des operations qui ont une suite necesiaire , parce que ces opera-tions dependent naturellement fune de 1’autre. JVlais pour faire desoperations de memoire , il faut tvouvcr moyen de joindre ensemble •des choses, qui n’ont point de disposition pour ccla qui depende de lasuite & de 1’otdre que les caules des choses corporelles ont -naturelle-ment entre elles.

Varrondans son Agriculture,

leur

Ainsi quand les chiens, dontayant cte menez & vendus en un pays beaucoup eloigne durent complöt long temps apres de s’en retourner , '6c rctrouverent leurchemin , quoiqu’il durat plusieurs journees: on peut dke qu’il falset

que