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Tome premier.
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T ROISIEME PARTIE. Chap. III. 27z

crois pas qu’ il y ait aucune apparence , vü la maniere dont on sqaitque les chiens se servent de leur odorat. On void que les chiens dechasie mettent le nez contre terre pour sentir les endroits qui ont etetouchez, par les pieds des betes qu' iis poursuivent, & que quand ellesont fait un faut asses grand pour laisser un elpace considerable d’un deJeurs vestiges a 1’autre ,' les chiens ont souvent bien de la peine ä sui-vre la piste. On void cncore , que quand un chien cherche son Mai-tre , il flaire les endroits par-oü il a passe les uns apres les autres ; cequ' il ne feroit pas, s’il le sentoit du lieuoü il est; ce qu’il auroitsal Iu supposer dans les chiens dont parle Varron, puisque 1’ancicnMai«tre n’avoit point passe par le chemin qu’ iis tinrent -en 1'allant retrou-ver.

Que si l’on veut dire, qu’ils sentirent leur odeur propre, qu’ilsavoient laissee dans les chemins par lesquels iis etoient venus, outrequ’il n’est pas croyable que cela seit possible apres un si long temps,puisque l’on sqait qu’il y a certaines dispositions de 1’air & des ventsqui effacent entierement les odeurs qui fönt sensibles aux chiens; lameme difficilste revient encore , puisqu’il auroit ete toüjours neces-saire qu’ iis euslent raisonne , la connoissance de leur odeur ne pouvantles conduire a leur Maitre que par les confequences qu’ eile leur fai-soit tirer , sgavoir , que cette odeur signifiant qu’ils avoient passe par-ce chemin en s’eloignant de leur Maitre, iis pouvoient s’en rappro-cher en suivant le meme chemin.

Ceux qui trouveront etrange a 1’abord que 1’on donne a un cheval, Qy e n0USä un chien des lumieres, qu’sts ne voyent pas meme dans les actions rnison sdes hommes , dont la plüpart ne s§auroient dire ce que c’est que de s^avoir” 8raisonner , demeureront d’accord , s’ils y veulent prendre garde, qu’ il que nousn’est point necessaire de sqavoir ce que c’est que pensee & que raison- ra ss° n -nement pour penser & pour raisonner : 6c que 1’homme le plus stupi- *de ne laisse pas de penser incessamment, & de raisonner dans fes moin* yoir cedres actions, sans qu’il sijache & sans qu’il croye y penser; la longueque c’esthabitude ayant le pouvoir de rendre insensibles les actions de la pen-see, quoiqu’elle accompagne toüjours toutes les autres actions de 1’ani- ° n c 'mal.

Car s’il est vrai que notre awe ne soit point dans notre corps com-me on est dans une maison , mais qu’ eile y soit unie, eile doit ctreconsideree comme agissante dans toutes nos actions; or puisque, com-me il est certain , la pensee est inseparable de toutes les actions del’ame , il s’ensuit que la pensee doit et re jointe a toutes nos actions :mais pour concevoir comme cela peut etre ainsi , quoique nous nenous en appercevions point, il faut considerer que nous penibus endeux manieres differentes. 11 y a une pensee expresse & distincte pourles choses auxquelles nous nous appliquons avec soin , & une penseenegligee ct confuse pour les choses qu’ un long exercice a rendu si fa-

'some IL Mm dies

Qu’ il n’jra point deinornentdans le-quel 1’ani-mal nepense.

Qu’il y ade deuxfortes depenfees,scavoir,