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Tome premier.
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TROISIEME PARTIE. Cha?. III. 275

de la facilite que 1’ame trouvc en ce tenaps dans la conduite des ope-y aitau-rations naturelles , deviennent alors expresses & distinctes , a caule des cun vicecirconstances extraordinaircs de la maladie , qui obligent l’amc a faire dans !escntreprendre a la chaleur naturelle des travaux & des ouvrages pour la mffsscu’maturation & la recti ficaticn des humeurs corrompues, auxquels eile lementn’eit pas encore accoutumee, comme eile Test a la coction de la nour- c l ue 'f 3riture.

Par la meme raifon dans le sommeil, qui fait ceffer ou qui deprave traites.les sonctions des lens interieurs, il n'elt point necesiaire de supposerque le cerveau soit affecte , ou par 1’obstruction de certains conduits,Que Iaou par d’autres difpositions qui empechent le mouvement des esprits& 1’action des organes, par lesquels on pretend que les lens interieursagissent ; puifque c’est asses qu’il y ait alors une neceffite a 1'ame dele som-vaquer toute entiere ä la reparation des esprits que la veille a dislipez, m«l.ou ä la coction , maturation , & rectification des humeurs , qui de-mandent une application extraordinaire & differente de celle a laquelle'les pensees consules sufflent pour ces meines sonctions,auxquelles pen-dant la veille eile s’applique aussi incessamment, & pour lesquelles lalongue habitude lui a fait aquerir une teile facilite, qu' eile n’a pasbefoin d’y employer les pensees exprefles.

11 s’enfuit de la, que les difpositions du corps ne fervent qu’aux q 1]c | essonctions corporelles , & qu’ elles ne fournissent point ä 1’ame desdisposi-moyens directs d’exercer les sonctions des lens interieurs, mais qu’ el- »ons dules lui donnent feulement occasion de le sitire en ne Tempechant pas, c i orps P ro *& en ne la retenant pas occupee aux actions corporelles , auxquelles du"rem°p--elle ne peut vaquer fans etre incapable d’agir avec force dans cellesramcnt.dedes fens interieurs; en forte que si le temperament bilieux est caufe P^ge*de la hardiesse, 8c le melancolique de la prudence , c’est parce que P ays ’ &c ,-‘ces temperamens rendent le corps capable d’exercer certaines sonctionsbuent™*"corporelles avec une facilite , qui exemptam Tarne d’avoir Tattention qu’indire-qu’ eile est obligee d’y donner dans les autres temperamens , il lui laif- ^ em ^ ntfe des forces libres, qu’ eile employe ä des refolutions & a des penseesou hardies ou ingenieufes, fuivant la differente condition du tempera-1’atne,ment.

C’est pourquoi Ton peut croire , que si un homme de temperantemsanguin ne penetre pas dans les belles connoissances comme le melan-colique , ce n’est que parce que fon ame est embarrassee a fuppleeraux defauts des esprits vifs & subtils qui lui manquent, & qui fontNecessaires ä certaines sonctions corporelles, qui fe faifant plus aife-ment dans le melancolique font caufe que fon ame delivree de cessoins a une liberte plus grande pour s’adonner aux pensees ferieufes &aux chofes ingenieufes; pendant que Tarne du sanguin etant delivreeaussi du grand embarras des chofes qui appartiennent ä la nourriture,dont toutes les sonctions lui font aifees a caufe du temperament qui' Mm z leur