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Tome premier.
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DES ANCIENS, 3I?

comme une chofe merveilleuse Part dont Sosus s’etoit avife pour pein-dre l'ombre que Ia tete d’une colombe faisoit für l’eau oü eile bcuvoit;'ce qui fait voir que la pratique du jour 8t des ombres etoit une chofepeu commune en ce temps-lä , St que. l’excellence de leur Peinture£ n quoiconsistoit principalernent dans la proprere & la delicatesse du pinceau, consistoitainsi qu’il paroit, ä ce que le raeme * Auteur au Ihre xxxv. chap. x. dit 1 ’*^ 11 *"'d’un merveilleux tableau , qui avoit ete long temps garde ä Rome,^^8t qui fut brule lorfque le feu prit' ä la maison de Cefar. Ce tableauavoit ete considere de toute l’Antiquite comme le plus bei esset del’art de la Peinture :1a beaute de ce tableau consistoit en une lignefort deliee qu’Appelles avoit tracee , fur laquelle Protogene en avoittire une autre, St Apelles encore une troisieme prefque impercep-tible.

Cette forte de perfection de la Peinture elf encore celle en laquelle La Peinm-les Chinois excellent, ainsi que nous voyons dans leurs ouvrages de ledcsChi-vernis, oü ils ufent d’une proprere & d’une justesse prefque inimita- noisc l ue l-ble j mais oü il n’y a ni dessein , ni proportion , ni efprit. Si nousn’avions point vü de ces ouvrages, & que Ton nous dir que les Chi- consiste?nois fönt en possession de cukiver les Sciences St les Alts plusieurs sie-cies avant que les Grecs eussent commence a s’y adonner , St que le§plus habiles qui ont excelle dans toutes les autres nations n’ont eteque des aveugles en eomparaifon d’eux ; croirions-nous que leur Pein-ture sät si peu de chofe, St que tout fon art für renferme dans cettefeule delicatesse ? qui est l’esset d’une application que fon peut direetre particuliere aux betes , puifqu’elle est femblable ä celle. avec la-quelle les abeiiles & les araignees travaillent ä leurs ouvrages , dont Les °uvra-la justesse St la regulärste, toute inimitable qu’elle est ä I’industrie hu- gesdesW :maine, n’approche point de la structure de nos palais , ni de la tissure differes 01de nos tapisseries, dont l’excellence dopend davantage du dessein St dede ceuxl’efprit, que de la justesie de l’execution. des siom-

Qif est-ce donc qui nous empeche dd croire que les Anciens ne fe mes '^fönt attachez qu’ä cultiver la feule partie de la Musique qui consistedans le simple Chant, auquel ils ont donne si Ponveut toute la pro-Quelleprete St toute la delicatesse dont il etoit capable ? de meme que dansP artiela Peinture ils n’ont point? ete au-delä de la delicatesse des traits , qui^^fstfait la moindre partie de l’excellence de notre Peinture ; St que dans la Peinuf-l’une St dans l’autre de ces Sciences ils ne fe fönt appüquez qu’ a perfe- ve ontcul-ctionner ce qui les peut rendfe capables d’emouvoir les fens ou le tiv e lescoeur, St qu’ils ont neglige ce qui peut Wucher l’efprit, Anciens?

Car il saut considerer que la Musique St la Peinture nous pcuvent w .toucher en ces trois mameres. La Peinture par la vivacite du coloris dont la

St par la delicatesse des traits , de meme que la Musique par la nettere Musique

R r Z A- la Pein.

• turenous

I. Placuitpue sic tam tabulam posterit tradi , omnium qttidm , sed. artificum pracipuo »w-peuventraculo. touchcr.