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Tome premier.
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DES ÄNCIENS. 317

jene , 8c que l’etat oü sä pastlon l’avoit reduite etoit bien deplorable ;'mais ils n'en diroient pas moins si le tableau etoit peint avec moins descience, pourvü-qu’ il füt asses bien peint pour faire comprendre l’hi-stoire qu’il reprefente. Au contraire ceux qurfeavent en quoi con-siste le stn de la Peinture, ne seront aueune reflexion für le fujet dutableau ; 6c ce ne sera ni la pitie , ni l’horreur qui les toucliera dansks sujets les plus tristes 8t les plus funestes , mais le plaisir de voir 8cde decouvrir le merveilleux artifice avec lequel le feavant Peintre a pü-exprimer les chofes qu’ il a voulu reprefenter.

De'la möme maniere ceux qui n’ont pas un efprit capable d.’etre Differenstöuehe par ce qu' il y a d’admirable dans la diversite & dans le bei or- effets quedre des confonnances de la Musique ä plusieurs parties, mais qui n’ontque des oreilles pour jugev de la nettete 8t de la justesi'e de la voix, 8t uqu' un coeur pour aimer la gayete de la cadence , ou la douceur plain-tive d’un mode triste , aimeront mieux une belle voix ou une Flutedouce foule, qu' un concert a plusieurs parties-, qui a une beaute qu’ilsne connoissent point ; au-lieu qu' un efprit feavant dans la composi-tion de la Musique fera ravi d’adrrtiration , lorfqu’il entendra un ex-cellent contre-point, quoiqüe chante par des voix peu agreables d’el-les-metnes; de naeme qu' un Peintre fera charme par une figure bien 1deffinee., qüoique ce ne foit qu' avec un charbon.

Or puifque noüs fqavons que dans notre siede ceS desieins siiits avecDiverfncdu charbon, qui fönt aimez par les feavans'eft Peinture, 8t qu’undesgomsconcert de voix medioerement bonnes , que les intelligens & connoif-^ 1 “^"seurs ecoutent avec plaisir ä caufe de la belle composition , deplait rdmure 6Le femble ridicule ä tout le reste du mondey ne pouvons-nous pas pre-& deMu- 1fumer que l’Anriquite a pü avoir ce meine gout? & que tonte la beau-^ff 1 ®-te & l’agrement de la Musique n’etant parmi eux que pour toucherles fens 8t le cceur, eile peut avoir caufe tous les merveilleux' effets-que Ton en raconte , par la justesse de la cadence & du beau mouve-ment, par la nettete du fon de la voix & des instrumens, par la gaye-te ou par la tristeste des modes , par les confonnances d’unisson,/d’octave , 8t de quinte chantees de fuite felon la maniere qu’ils ap-pelloient mag/Mlizein , ou en maniere de bourdon, ainsi qu’il a ete ex-plique, puifque nous n’avons nulle pfeuve que les chofes ayent ete au- ~trement? .

Mais on dira, suppofe.que les ecrits’des Anciens n’expliquassent passi fesMtr- ■bien distinctement de quelle maniere leurs Musiciens fe fervoient dessiciensoe'accords, s’enfuivroit-il de lä que Ton düt affiner qu’ils ne s’en fer-^"*! 111 '-voient point comme nous ? 8t ne peut-on pas- dire que ces bourdons,^:enr^'c§ -par lefquels on explique Ia' maniere de leur Harmonie , est une chofe accords/imaginaire , puisqu’ il ne fe trouve rien ecrit ni de bourdons r ni cletout ce qui. peut appartenir ä l’application d’un chant continu Lt d’unftul fujet ä ces bourdons ? car ja theorie de cette application du fujet

Rf 3 au- • *

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