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Tome premier.
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Qu’est-cequi plai-soit le plus

que :

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au bourdon , qui eil de faire que toutes les notes , qui fönt remarqua-bles dans le chant, ie rencontrent ä propos avec les battemens, 8c fui-vant les regles de notre Harmonie , par exemple que ces rencontresne fe faffent point für des fystemes discordans , 8c meine qu’ elles nefoient point telles que le fujet fasse deux octaves ou deux quintes deluite avec les bourdons, (car cela peut arriver) cette theorie, dira-t-on,auroit bien merite que leurs Auteurs en eussent ecrit quelque chose,si ces bourdons avoient ete en ufage parmi eux.

On avoue qu’ä la verite ils n’ont rien ecrit de ces bourdons, maisil ya grande apparence que la Mandore , qui a ete decrite ci-devant,aux An- ^ont il est parle dans Athenee '; 8c meine que nos Vielles 8c nosciens dans Cornemufes fönt des traditions des Anciens : 8c s’ils n’ont rien ecritla Muß- des accords de ces bourdons, c’est que 1’Harmonie des accords n’etoitpas ce qui leur plaifoit dans la Musique , 8c que la beaute d’un Cbantsimple, qui etoit leur Harmonie, (ain.fi qu' il a ete montre) les char-moit davantage , jufque-lä meme que le Chant qui etoit le plus simpleleur fembloit le plus beau. Le Poete Ion fait cette rcmarque au rap-port d’Euclide 2 , lorfqu’il parle des Lyres ä fept 8c a dix cördes, oüil dit que les Grecs aimoient les chansons qui fe chantoient avec peude Cordes , c’est-a-dire, oü peu de tons etoient employez. Et Pla-ton 3 rapporte que Terpander 8c Olympe rejetterent la multitude descordes jusqu’.ä n’en vouloir que trois.

Enfin la fpeculation des proprietez de chaque confonnance commeteile, 8c des differentes relations qui fönt la beaute de notre Harmonie,ne leur fembloit pas si digne d’occuper leur efprit que les fpeculations 4qu’ ils faifoient für le rapport des fept tons aux fept planetes ; des troisconfonnances avec les trois genres d’etre, qui fönt le fpirituel, le cor-porei, 8c celtii qui est mele de Tun 8c de l’autre, comme l’homme. Etl’on peut meine croire que l’on auroit eu du degout en ce temps-läpour l’Harmonie ä plusieurs parties , de meme qu’ on a eu depuis poureile beaucoup d’inclinati'on.

Cette diversite du gout qui regne dans certains siecles 8c dans cer-taines nations n’est point une chose tout-ä-fait incroyable , quoiqu’ onen ignore 3a caufe. Les exemples , que l’on a de la verite positive dufait en certaines chofes, le peuvent rendre croyable en d’autres j 8c ilr- me femble que pour cela c’est asses de considerer que l’Antiquite aa- aime julqu’ä l’exces des chofes que l’on a ha'ies depuis jufqu’ä l’hor-reur. Le garum donne un exemple bien illustre de cette verite.

£xem le C’etoit une friandife tellement estimee parmi les Anciens, que fonde cda auPrix egaloit celui des parfums les plus precieux , ä ce que dit Eline ;sujet du 8c l’on s’en fervoit dans les fausses, comme nous faifons de verjus ougarum. de

A quoiils appli-quoientleur etpritl

Lesgoutsdifferensdans cer-tains sie-cles &dans cer-taines nations.

I. ncenJigjv. lib. iv. i. cnrstvlcct hSthv deigduevtt.

3 . Umlai igyd'wt o<ra vroXi x) 7toXvci^fj.oMa S’> iptwgybi ti dgt'-poptv. Lib. I II.pull, 4. Aristides Quintilianus lib. 111.

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