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Tome premier.
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DES ANCIENS.

de vinaigre : ce garum etoit faitde la pourriture des tripes de certainspoissons, que l’on gardoit jusqu’ ä ce que la corruption les fit fondre.

Quelle difficulte y a-t-il de concevoir que ceux qui aimoient autrefoisle garum , que les derniers siecles ont eu en abomination , ne puif-sent pas ayoir eu quelque aversion pour rHarmonie , que les dernierssiecles ont tant aimee ?

Mais il n’est point necessaire de prouver la tliefe en general , ni de La Musi-faire voir que le degout pour la Musique a plusieurs parties est une qusa plu-chofe poffible , puisque 1’experience nous apprend qu’ eile 1’est actuel- ( |^ ui ’ e s ^' ,ar *lementj toutes les Relations, que nous avons des moeurs & du gout „flpvisce,des Chinois , font foi que ees Peuples, qui pasient pour avoir eu detout temps les efprits les plus polis & les plus delicats de tonte la terre,ne fgauroient souffrir notre Musique a plusieurs parties, qu’ iis trou-vent tout-a-fait ridicule.

Parmi nous eile commence a devenir ennuyeuse Lc importune, non Elie de-seulement a la plus grande partie du'monde , mais la verite est , que vientde cent performes qui font profeffion d’aimer la Musique il n’y en a^. u [^ use rpas deux qui prenent plaisir ä celle qui est a plusieurs parties , & tunT/fe'qui n’aimassent mieux entendre une belle voix feule , que quand eile a qui’,est melde avec d’autres , qui 1’offufquent & qui 1’etouffent : car il fetrouvera que hors un petit nombre de performes, qui ont des oreillespour entendre ce qu’il y a de fin dans l’Harmonie , tous les autresn’en ont que pour en entendre le bruit; & tonte la capacite, que 1’ona ordinäirement a gouter la Musique , ne va qu’ä juger de la beantedu chant ; mais .des lors que plusieurs chantent enfemble differentesparties , c’est de meme que si tous les Comediens parloient enfemble jc’est une confusion ennuyeuse & infupportable : on ne peut meinesouffrir que la Symphonie accompagne une voix qui chante , si eilen’eclatte pour se faire entendre sans comparaifori bien plus distincte-ment qu’ aucune des parties qui compofent la Symphonie : autrementon crainc de prendre le change, Lc de ne pouvoir fuivre ce beati-chant du fujet que Ton aime.

Au contraire ceux qui font nez capables de gouter 1’Harmonie ä plu- A qui elfe'sieurs parties, loin d’etre embarrassez du grand nombre des chantsdif-serens , font consistet tout leur plaisir a demeler cette agreable confu-sion : de forte que pour fatisfaire ce plaisir c’est un des preceptes de tc ?'

•Part d’augtnenter cette pretendue confusion dans ce qu’ on appelle lecontre-point figure: car au-lieu que dans le contre-point simple toutesles parties n’ont qu’un rhythme j & qu’avec une mesure toute pareil-]e dies prononcent ensemble les meines paroles ; dans le figure ellestiennent des chemins differens ,- & pendant que l’une s’arrete , l’autrepaffe outre & prononce des paroles, qu’une autre reprend enfuite au-'eieme temps que l’autre poursuit ä en dire d’autres ; & tont- cela' afin>

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