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Tome second.
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568
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f 68 DES SEMS EXTERIEURS:

VI. I! y a Le cinquieme Phenomene est , que souvent des odeurs defagreable 5 ' 1des odeurs d’elles-memes, comme celles de l’ail, deschoux, du fromage, 8c deTefä^rda P^ u ^ eurs autres choses corrompues , ne choquent 8c ne deplaisentbles^ans point quand eil es fönt dans des alimens dont le gout n’est pas defa-des cho- greable. Ce Phenomene confirme le principe general für lequel il estses, 5c: quifonde , ainsi que la plüpart des Phenomenes des autres fens ; f^avoit,pas dans" 1 ^ 112 ^ ;lns ^ es fonctions des fens celles de Tarne interviennent souvent;d’autres. de forte qu’ dies fönt que les imprestionos des objets , quoique les

meines, ne laissent pas de produire des estets differens , parce qu’eslces rencontres l’ame agit dans fes penfees consules pour les choses queTon appelle naturelles, de la rneme maniere qu’elle fait dans les pen-fees expresies qu’elle employe pour les choses puremcnt morales, &qui fönt produites par les reflexions, par le jugement, 8c par le rai-. fonnement, & qui accompagnent ordinairement les penfees expref-

fesj car de meine que pour fauver fa vie Ton fouhaite avec ardeur quedes Voleurs prenent Targent que Ton a , quoiqu’on ait regret.de leperdre, parce que Ton leroit encore plus fache de perdre la vie , &qu’ un mal devient un bien fouhaitable quand il exempte d’un auti'Cmal plus grand : ainll quoique TOdorat, qui propose ordinairement äTarne les odeurs desagreables comme des marques de la mauvaise qua-a causc de Ute des alimens qui les ont, düt les faire rejetter , dl arrive que Tuti'cule'i'aine Ute , que Tarne trouve qu’ils peuvent avoir par d jmrres qualitez que, t rouve que l e Gout fait connoitre , empeche que la mauvaise odeur ne fasse lostles choses, esset ordinaire , c’est-a-dire , qu’elle ne seit desagreable. Et cela stdont dies foit (ainsi qu'il a ete dit ci-devant) par Thabitude que Tarne a contra-pciwe'nt ^' e de lo porter ä fuivre les choses qui fönt utiles , 8c qu’elle a juZeavoir telles par des penfees confufes dans les premiers commencemens de lapour la vie: car il saut fupposer que de ces premiers jugemens que Tarne fastnouriuu- jes c hoses e u e sorme les idees de deux sortes d’agremens dans le gout& dans l’odeur des alimens, dont Tun reluite de la connoissance des

VII. qualitez de ceux qui tont communement utiles ä tout le monde , cotsl'L’ame a m e le pain, le vin , le lait, les fruits , les chairs cuites, qui ont unje^^gout Lc une odeur agreable ä tout le monde; l’autre agrement estmentales dans le gout & dans l’odeur des alimens, qui ne fönt pas si generase'odeurs j ment agreables, 8c qui deplaisent ä quelques particuliers , comllie

les vins qui ont un gout de terroir,le lait aigri ou corrompu ainsiqu’^sidte des dans sie vieux fromage , les fruits ou leg um es dans lelquels ce seequalitez que les Plantes prenent de la terre n’est cuit qu’imparfaitement, coi«'qu’elle me il est dans Tail 8c dans la plüpart des meines , les chairs crues &conncut^ corrompues comme eilcs fönt dans les fäu risse ns de Boulogne faits d cuTchoses cJ tair de cheval erue, pilee avec de Tail, du sei, 8c du poivre.comrau- Car il saut fupposer que ceux qui aiment le gout 8c l’odeur denement ces choses, ont une dffposition particuliere , qui fait qu’elles leur sentau!es ä .utiles, amsi qu’elles sent contraires a ceux qui les ont en aversiol '1

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