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Tome second.
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79 6 D E L’ORIGINE

cela se pourroit faire : mais la pluye ne fait de tels ruiffeaux que sur lescotes pour se precipiter dans les Rivieres & ce nefl pas de celles- lä queles Fontaines sont produites , au sentiment commun , pouzce qu' elles vontse perdre dans les Rivieres fs? de la dans la Mer.

La pluye ne fait point de ruiffeaux fur les campagnes hautes , fes eauxdemearent prefque au meme -endroit ou elles font tcmbees , aitachees auxpar celles de la terre labouree des fillons , qui les boivent fs? qui les retien.-nent ; ou hien elles coulent fs? se rendent dans les foffez fi? dans les maresqu' on leur a preparees , ou elles attendent que le hafle les faffe evaporer ,fi? les consume inutilement pour les sources s fs? c'efi ce qui fait partie dela feconde difficulte a VOpinion commune qu il faut expliquer.

La feconde difficulte' que je trouve dans VOpinion commune , eß que jene tiens pas que les pluyes qui tombent fur les plaines hautes puiffient suffi-re ä Ventretien des Fontaines , non pas a caufe de leur modicite , dont jene ve’ux pas parier prefentement : mais par la raifon du decket & de laperte qui se fait de prefque tout ce qui tombe sur ces plaines , fans qu ilen tourne rien ä profit aux sources fs? aux fontaines vives.

Pour bien entendre ceci , il faut concevoir fi? discuter particulierement ,comment se peut faire ‘la Penetration de la Terre felon VOpinion commune.L'eau qui tombe sur la Terre , commence par moiiilkr les parties de la ter-re ou du fable qui lui font les plus voifines ; puls eile en moüille d’autresplus eloignees , puls d’autres , allant toujours en descendant , fs? moüillantla Terre par toutes fes parties les unes apres les autres. Il faut remar-quer que l’eau qui a moüille la partie de terre qu' eile a rencontree la pre-Vtierc , y eß demeuree attaetöe par sa qualite adherente ; fs? que celle quia moüille la partie qui etoit dejsous , cß une autre eau qui l'a fuivie , fs?qui a paffe plus avant pour moüiller les autres parcelles de terre aufquelleseile s'attache auffi , ne s’etant pas arretee aux premieres qu’ eile a trouveesmomllees : ce qui fe fait ainfi jufques aux dernieres fs? plus profondes. Demaniere qu’ilfaut concevoir , qu' avant qu'une certaine quantite d’eau puf-fe traverfer une certaine quantite fs? epaiffieur de la terre , il faut faire itatque toutes les parcelles de cette terre foient momllees chacune en particulierfs? par toutes leurs superficies ; fs? cela en pure perte : car cette eau-la neles quittera jamais que par evaporation , a caufe de fa qualite adherente yqui fait qu eile s'attache a tout ce qu' eile touche , fs? y demeure fufpenduefans defeendre en bas ou fon poids la devroit attirer , comme il fe voit parnotre experience. •

Il arrive encore plus car quoi que ces parcelles de terre foyent toutesmoüillees par toutes leurs superficies , il ne s'enfuit pas pour cela , que l’eauqui tombera deffius par apres doit paffer fans decket. Cette nouvelle eaus'arretera ä cette premiere qu eile trouvera n’avoir fait que moüiller cesparcelles de terre , fs? comme par Compagnie y demeurera attachee fans vou-loir defeendre jufques a ce que on y en jette encore d'autre de furplus fs? af.fiz en abondance , pour qu enfin l'une entratne 1’autre , ce que l'on peut re-