DES FONTAINES, II. Partie. 809
II so trouve pourtant quelquefois des vallees fpatieuses dont la pentene va pas vers les Rivieres , ni par consequent les eaux qui tombentdessus. Il y en a meme qui fönt plus basles que la superficie du cou-rant des Rivieres , comme le fönt en quelques endroits les plaines oücoule la Loire : Mais en ce cas , ces fortes de plaines donnent leurseaux a d’autres rivieres ou ruisieaux qui vont so rendre ou ä la Loireplus bas ou ailleurs dans quelques autres rivieres ; Et s’il arriye que detelles eaux rencontrent quelque empechernent dans leurs cours,le terrain fe trouve gras 6c solide en ce lieu-Ja, dies y fönt un etangou un lac , dont les eaux s 'elevant trouvent un ecoulement qu’ diesn’avoient pas par la difposition du terrain , ou bien dies paflent fousterre par quelque endroit graveleux & perviable , 6c en fortent loin delä en forme de fontaine ou de riviere : ou bien dies enrrent dans cefable universcl pour so joindre avec les eaux qu’dies y trouvent, &contribuer avec dies au cours de quelque autre ri viere voifine ou eloi-gnee. Quoi qu’ il en soit , puis qu’il est certain que les pluyes & lesdegels fönt grossir les Rivieres fans qu' il falle d’orage; 6t qu’au con-traire les Rivieres ne grossilsont jamais par les orages , 6t n’en fönt pasmeme troublees , il laut demeurer d’accord que les eaux des pluyesquelles qu’elles foient entrent dans les Rivieres $ 6c ä causo qu'ellesne lailfent pas d’etre troubles comme s'il y etoit tombe de grands tor-rens , il saut croire que lors de ces degels il y en entre beaucoup quiont coule lur la terre dont dies out enttarne avec dies le limon ; dememe qu’il y en entre aussi par dessous Ia terre fans les troubler parces ouvertures qu’on appelle des sources: Mais de quelque maniereque les eaux des pluyes 6t des neiges fondues entrent dans les Rivsofes,il ne m’importe,n’aiant d 'autre interet que de voir groffir les Rivierespar ces eaux-la en quelque maniere que ce puiffie etre.
Il saut concevoir encore une autre difposition de la terre ä l’egardde la pente des collines 6c des montagnes qui est , que la terre lur lepenchant des collines 6c des montagnes, eil disposee en sorte que lesveines 6c fils (si cela so peut dire) qu’elle peut avoir vont en descen-dant en dehors de la colline ; de maniere que l’eau qui tombe für cetteterre, encore qu’elle y entre a caufe qu’elle aura peut-etre ece labou-ree, comme fest edle des vignobles', ne pourra pas pourtant entrerdans le corps de la montagne , quoi que ce soit le scntiment du PereFrangois, au contraire cette eau sora toüjours repoussee 6c rejettee de-hors, si ce n’est qu’elle coule fous cette terre labouree für le limongras que nous avons dit que la pluye y a fair entrer , jufques cn bas,6c jufques dans quelque ruisieau ou' bien jufques dans ce fable qui elfdans les plaines. De sorte que l’on peut dire que la terre du penchantd’une colline est disposee comme les tuilles d’une maifon , qui etantmises les unes für les autres en penchant en dehors, rejettent aussi toü-jours l’eau en dehors, fans la souffrir entrer dans le corps du bäti-
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