DES FON T A I N?E S, II. Parti£. 8n
ment que je donneaux eaux, entredeux terres für Je pencbant des col-lines , n’est pas, comme cet ecoulemenc qui m’a ete objecte ci-devantpour soütenir la penetration für ies plaines hautes , pource que je nel'üpofe point ici une penetration ( profonde de terre jufques ä la glaisedu dedans, laquelle j’ai faic voir impoffible 6c actuellement nulle 6cinconnue : mais bien une penetration visible d’un pie ou deux 6c donton ne peut douter, qui peut conduire les eaux avec egalite jufques enbas par tonte l’etendue de la colline-, 6c non pas comme l’autre paramas , en des lieux differens 6c separer , apres s’etre assemblees auxendroits fablonneux qui ne fe trouvent pas par tout für Ies plaines hau-tes.
Toutes ces chofes etant füpofees 6c entendues de la forte , a quoi jene croi pas qu’il puisse y avoir de difficilste qui ne foit facile de lever ,
6c dont les yeux ne puissent etre les juges 6c les temoins.
Pour rendrema penfee plus intelligible . considerons la Terre enl’etat qu’die etoit au Moment de fa creation , avant qu’il füt tombeni pluye ni neige> lors que ies eaux ayant ete amassees en un lieu eileparut feche 6c aride , comme il elf dit dans l’Ecriture fainte ; 6c nousf imaginons que la pluye commence ä tomber , 6c que les eaux defeen- ©dant des collines par divers ruisseaux ou am, ement s’amassent dans Iesplaines 6c fe joignent ä celles qu’ elles y rencontrent que la memepluye y a repanduesT'ces eaux ainsi amasi'ees commencent ä coulervers le lieu le plus bas de la plaine , 6c allant ainsi d’un lieu bas en unautre plus bas, entre les monragnes 6c les collines , gagnent la Merqui elf cncore plus basie. En coulant de la forte elles fe fönt un che-min au milieu ou au plus bas de ces plaines en creufant la terre qu’el-les entrajnent avec elles , jufques ä ce qu’elies rencontrent la glaife oule tuf qui elf dessus, für lequel s’arrcte auffi beaucoup de fable qui fevepand ordinairement fur tout le fonds de ce chemin qu’elles fe föntfait en coulant. Ce chemin est plus ou moins creux , plus ou moinslarge , felon la qualite du terrain , la quantite de l’eau , 6c la vitesseavec laquelle eile coule ; 6c ces eaux fönt pareillement plus ou moinscopieufes 6c abondantes , felon que les plaines 6c les collines d’alentourfe fönt trouvees plus ou moins fpacieufes , 6c ces eaux ainsi coulanteself ce qu’ on appelle riviere ou fleuve.
Ces eaux coulants de la forte emplissent leur canal, 6c ne pouvantpenetrer plus avant dans la terre ä caufe de la glaife qui est au desibus6c qui continue fous toute l’etendue des plaines 6c des montagnes, feglissent de cote 6c d’autre dans les ouvertures qu’ elles rencontrent en-tre les pierres du tuf 6c entrent dans ce säble qui est dessus en grandequantite 6c epaisseur; 6c passant au travers ä caufe de la facilite qu’iileur en donne par fes parties grenues , feches 6c scparees, le remplif-sent par tout taut fous les plaines que fous Ies collines 6t montagnesdes environs oü elles entrent auffi fort aifement ä caufe des pierres mal. Lll 11 r join-
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