DES FONTAINES, II. Partie. 8rz
CCS eaux qui est grand quelquefois, qu’ ä caufe du fable qui Ies retienr,& d’oü elles ne peuvent pas je retirer ausll promtement qu’elies yetoient entrees , pource qu’elies etoient alors pousi'ees par la violencede celles du courant des nvieres & de leurs debordemens , au lieu quepour sortir elles n’ont que leur pefanteur qui eil beaucoup diminueepar les parcelles du fable oü elles s’attachent, & par tous les obflaclesque nous avons remarquez 8c que l’on peut s’imaginer.
Ces paisibles ecoulemens qui fe fönt par tous les endroits des bordsdes Rivieres 5c par le fonds tnerae , fönt ce qui entretient leur coursavec quelque egalite , jufques ä ce qu’il revienne d’autres pluyes , quifaifant enfler les Rivieres remplisient promtement ce qui s’est vuidetout ä loisir , comme nous venons de dire ; 5c cette alternation depluyes 6c d’ecoulemens fe faifant avec une regulärste irreguliere , lesfait couler toüjours, tantot plus tantot moins, tantot des eaux que lapluye leur donne en tombant, tantot de celles qu’ eile avoit mife enreferve dans ces fables fous les plaines.
La preuve de tout ce que je viens d’avancer , fe peut tirer de cequi nous est' continuellement devant les yeux. II n’y a point de rivie-re au fond de laquelle il n’y ait de la glaife, au fond de laquelle l’onne trouve ce qu’on appelle des fources, 6c für fes bords ordinairement,que l’on voit couler ßc fe fecher enfuite ä mefure que l’eau de la Ri-viere baisie, 8c s’en ouvrir d’autres plus bas 6c un peu au desilis du ni-veau du courant de la Riviere ; 5c ces fources taut du fond que desbords ne fönt que des ecoulemens des fables oü les eaux etoient en-trees , qui felon l’equilibre qu’ elles prennent avec celles de la riviere,y entrent avec plus ou moins de force, eu egard ausli ä l’eloignementde celles qui viennent de lieux reculez, felon que les plaines ont plusou moins d’etendue ; 6c ces ouvertures par oü Ton voit l’eau entrerdans les Rivieres qu’on appelle fources , fönt les endroits par oü ellesentrent dans ces fables quand elles fönt plus basies que la furface ducourant, 6c par oü elles en fortem quand elles fönt plus hautes.
11 n’y a point de plaine balle oü l’on ne trouve de la glaife , du fa-ble 8c de l’eau : car on y fait des puits par tout. II y en a meme dansles deferts de l’Arabie oü lesCaravannes fe rafraichisient; 6c si ces puitsy fönt rares , c’est qu’il est de la politique des Princes qui continent äces deferts qu’il n’y en ait que ce qu’il en saut pour entretenir le com-merce des voyageurs feulement, de crainte que par la commodite deseaux qu’on ne trouve en ces pais-lä que dans les puits*,, leurs voisins;ne fasienc des entreprifes für leurs Etats.
11 n’y a point de plaine oü l’on ne puisie faire des puits, 8c s’il arri-ve que ceux qui en veulent faire für celle de quelque montagne n’erront point rencontre dans leur foiiille, iis n’ont qu’ a creufer profonde-ment jufques au niveau du courant de la riviere prochaine, ils en trou-veront asiurement , 6 € c’est ce qui est caufe que l’on voit quelquefoisdes puits aulli profonds qu’il y en a„ Lll 11 L’cs-