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L’on voi: que 1 ’cau croit daps les puits qes plaines basies selon §c ämesure que ceiie de la riv.iere croit. Mous voyons ä Paris que 1 ’eauvient dans les caves quand la Riviere fe hausiEallez pour cela; l’on re-marque ausii qu’elle y vient en une nuit, & qu’elle estdeux ou troismois a s’en retourner. Une personne d’esprit a remarque dans les ca-ves de 1 ’Observatoire royal a Paris qui fönt fort profondes, Sceloigneesde la Riviere d’environ demi lieue , que 1 ’eau qui y etoit au mois deJanvier 1671. etoit de niveau avec celle de la Riviere qui s’etoit eleveecette annee la plus que les autres annees; & cette eau y est demeureeplus de quatre mois apres sans s’ecouler. En 1 ’annee i6;8. que la me-. me Riviere de Seine deborda extraordinairement, j’ai vü un puits a laCampagne a demi lieue de la Riviere , jusques ou eile avoit porte leseaux de fon debordement, etre plein jusques ä s’en aller par desi'us, &couler comme une fontaine durant une partie de 1 ’Ete , quoi que laRiviere s’en fut retournee en fon etat ordinaire ; & comme eile n’apoint deborde de la forte depuis cette annee la, ce puits ausii n’a pointete rem pii d’eau comme il etoit alors.
En la meme annee i6s8. la plüpart des maifons qui etoient dans Iebas de la ville de Paris , fe trouverent fort endommagees a caufe deseaux qui aiant entre dans les caves en avoient moiiille les fondemens,a quoi il falut remedier promtement , 8c l’on ne voyoit en ces quar-tiers-la que maifons etayees dont on reparoit les fondations ; & celan’est point arrive depuis a cause que la Riviere n’a point deborde de-puis avec une pareille force.
En 1 ’annee 1670. que l’on fonda le quai au deffous desTuilleries presle cours de la Reine , l’on voyoit couler dans la fondation de ce bäti-ment des eaux qui venoient du cote du cours, & les ouvriers les ap-pelloient des fources: mais apres avoir coule deux ou trois mois, eilesce sie ren t tout a fait j & la caufe de cela etoit , que le fable de la plai-ne du cours s’egoutoit dans cette fondation qui etoit plus profonde quele courant de la Riviere , a caufe des batardeaux dont eile etoit fou-tenuS, 6c cet ecoulement cesla quand il n y eut plus d’eau dans cefable.
L’on pourroit rapporter une infinite d’autres exemples femblablesqui ne ferviroient pas davantage pour la preuve de ce que j’ai avance,qui est asiez etablie par ce que j’en ai dit , & par de femblables re«marques que chacun peut faire.
Le cours & 1 ’entretien des Rivieres etant explique & demontre, ilne me reste plus qu’ä faire voir Comment il peut y avoir des fources auhaut des montagnes , & Comment des eaux , que je süpofe etre en bas& dans les fondations par maniere de dire de ces hauts edifices , peu-vent monter d’elles-memes jusques ä leur fommet.
Puis que j’ai trouve la matiere des Fontaines & de la meilleure qua-lite qu’elle pulste etre, je veux dire de l’eau douce en abondance,