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Tome second.
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DES FONTAINES, II. Partie. 8if

pasiee Lt puristee par des sables purs 8c nets, 8c qu’il ne me reste plusque de Ia faire elever jufques a 1’embouchure des fources , je n’ai plusrien de difficile , toute la Philosophie ancienne 8c nouvelle est potirmoi,'8c demeure d’accord que cela se peut faire facilement 8c naturel-lement.

A ristote dit qu’iln’est.pas hors d’apparence de croire que dans laTerre il fe fair pareille chofe que nous voyons fe faire hors la Terre ;8c que de meine que les vapeurs du dehors de la Terre s’elevent dansl’air 8c y fönt conv erstes en eau , de meme auffi celies du dedans cau-sees par les eaux de la pluye que les rivieres y fönt entrer , peuvenc’s’elever au haut des montagnes 8c y produire de l’eau.

Seneque croit que les vapeurs que la Terre exhale s’epaiffissent dansses concävitez 8c fe convertissent en eau , 8c que l’ombre , le froid 8cle repos perpetuel qui s’y rencontrent en fönt la cause j il croit doncque ces vapeurs ou air epaiffi s’elevent en haut.

Cardan est de cet avis, quand il joint ä la violence du flux 8c refluxde la Mer, la condensation 8c chängement de l’äir en eau ,'qu’il'dies’ätacher au haut des concävitez dd la terre j il donrie cette cause pourlä principale de la production des Fontaines.

Jacques Dobrzsnski croit pareillemenc la condensation 8c le change-ment d’air en eau , 8c par confequdnt cette elevation au haut des con-cavitez de la terre , puls que cette condensation suppose un air humidequi ne peut avoir pris fon humidste qu’en un lieu plus bas que lui.

Jean Baptifie van Helmont , plütot que de contester cette elevationdes eaux , a mieux aime s’imaginer une vertu viviiiante dans fon fablepur, par le moyen de laquelle les eaux dont il veut qu’ il soit rempli,montent de leur bon gre jufques au haut des montagnes.

Thomas Lydiat , M r . Du Hamel 8c le Perc Schottus , adrnettent unfeu foüterrain pour elever les eaux de la Mer , convenies en vapeurs,aü haut des concävitez des montagnes.

M r . Defcartes 8c M r . Rohault füpofent une chaleur naturelle ä laTerre pour causor le meme effiet.

Vitruve meme dit que les eaux qui fönt arretees dans la terre auxlieux solides 8t non fpongieux, produifent des vapeurs qui percent laterre 8c fe rendent visibles a ceux qui veulent chercher des fources 8cfe changent en eau si elles fönt arretees par quelque corps solide op-pose.

D’autres Philofophes , comme Samt Thomas , les Connimbres 8c au-tres, ont dit que cette elevation fe pouvoit faire par la force du Soleil:D’autres comme Magnanus , que Ia terre fuqoit les eaux 8c les attiroitä eile comme feroit un eponge.

Enfin tous fönt demeurez d’accord de cette elevation d’eau ou devapeurs aqueufes au haut des montagnes; 8c ce commun confentement,quoi que fonde fur de differens principes , est une marque assez grande

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