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Tome second.
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8l6 DE L'ORIGINE

de la verit6 de ce fait, sur lequel iis ne sont differens les uns des au-tres que par les caules & moyens qui ne leur sont pas bien ccmnus, cequi peut etre pardonne, puis que c’est ce qui est le plus cache dans lanature.

Je pourrois donc fur la foi d’auffi bons garands que ceux que j’ainemmez , avancer que ces eaux que j’ai fast voir dans le fonds desmontagnes, entre ces grosses pierres qui y sont , dans ces cavernes &eanaux & dans ce fable , sont elevees en vapeur jufques a la superficie dudedans de ces montagnes, quelque hautes qu’elles soient,Sc reduites eneau, fans en rendre d’autre raison, comme fait Aristote , que la refemblan-ce de ces vapeurs du dedans de la terre a celles du dehors, que nousfgavons s’elever dans 1’air & fe convertit en eau. Cette raison pour-roit etre reqüe avec grande apparence , puis qu’il n’y a pas plus dedifficuke a croire Tun que 1’autre , & encore moins , au fentiment deM r . Descartes & apres lui de M r . Du Hantels pource, difenc-ils, qu’ilest plus facile aux vapeurs du dedans de la terre de s’elever dans leseanaux etroits qui y sont qu’ä celles du dehors, dans 1’air vague Scetendu comme il est, & toüjours agite. Et quoi qu 'Ariflote n’ait pasdesigne la caufe de la chaleur qui dost etre dans Ia terre pour exciterla vapeur; je croi qu’il a fuppofe , comme le croit auffi Lydiat , bienqu’il ne fuive pas en cela fon opinion , que cette chaleur lui est com-muniquee par le Soleil : car queiques conjectures que Lydiat rapporteau contraire , comme nous avons vü dans fon Opinion , il est difficilede 9 s’itnaginer que la Terre qui est continuellement expofee aux rayonsardens du Soleil n’ait contracte quelque chaleur, du moins jufques aun certain degre , c’est a dire , autant que fon temperament froid Scque fa dislance du Soleil 1’ont pu permettre : car de dire qu’elle n’aitjamais pu recevoir ni retenir aucune chaleur du Soleil , il n’y a guered’äparence puis qu’elle n’est pas froide au dernier degre comme eilele devroit dtre, s’il est vrai qu’elle foit froide par fa nature a caufe defon epaisseur 6c de fa pefantcur, lelon le fentiment des Peripateticiens;& comme nous fentons bien qu’elle n’est pas auffi froide qu’est la gla-ce , ce qui s’en faut ne fq turoit venir que de la chaleur que le Soleillui a communiquee.

Si donc il y a quelque chaleur dans la Terre , & si ce qu’il y en alui vient du Soleil, il s’enfuit que 1’humidite qui fe trouvera dans laTerre pourra etre reduite en vapeur & elevee en haut par les conduits& eanaux qui y sont, & cela d’autant plus que la chaleur doit etreplus sorte vers le haut de la terre , c’est a dire vers fa superficie, com-me plus proche du Soleil, que vers fon centre qui en est plus eioigne;etant vrai auffi , que pour exciter de la chaleur il n’est pas neceffiureque le seu ou la chaleur foient sous la choso humide , comme Lydiat leveut ctablir, il luffit que le seu puisse agir: Auffi voit-on que 1’eau dela Mer ne s’exhale qu’a caufe que le Soleil 1’echauffe, £c quoi qu’il ne

Pechauf-