DES F ONTAIN ES, II. Partie. 817
l’echauffe que par le destus , il fait n’eanmoins monier fa vapeur veislui-meme. Que l’on metce de l’eau dans un väifleau profond, Sc qu’onäproche de la superficie de cette eau un fer rouge Sc ardent, ii la se-ra boüillir par le dellus sans que le foud de cette eau en foit echauffedavantage, Sc la vapeur en montera en haut.
Quoi op?Arißote Sc tous les autres Philosophes ne donnern qu’unecause de l’evaporation de l’eau, fgavoir la chaleur, je pourrois en trou-ver encore deux autres, l’une le froid fon contraire, St l’autre le mou-vement des parties de Fair,
Ce qui me fait reconnoitre le froid pour une des caufes de l’evapo-ration , est que j’ai obferve qu’ en Hiver , la glace Sc la neige s’eva-porent de meme que fait l’eau en Ete. J’en ai fait l’experience enl’annee 1669. pendant le plus grand froid de cette annee , oü j’ai re-marque que l’eau que j’avois mife dans une grande balance , oü j’avoisfait durant l’Ete des observations für l’evaporation de l’eau , que cetteeau etant gelee s’evaporoit tous les jours considerablement , ce que jejugeois par la d-iminution de fon poids, qui alloit durant vingt-quatreheures jufques ä une once trois gras für quatre livres que peiöit-cetceglace , dont la superficie etoit de douze pouces für trois d’epaisieur.Cette diminution de quantite 8c de poids de cette glace , ne peut etreautre chofe qu’ une evaporation comme celle de l’eau. Et je ne dou-te point que la vapeur ne s’en eleve en Fair, de meine que celle quiest excitee par la chaleur en Ete , puis que je voi que Fair elf toü-jours tres-humide en Hiver, & que les brouillards y Moment & s’yelevent en cette faifon comme en un autre. Mais pourquoi les vapeursne momeroient-elles pas en haut en Hiver, puis que les exhalaifonsqui fönt plus grösseres Sc plus pe fames , 8c compofees de parties ter-restres y montem bien ? il arrive astez souvent qu’ il tonne pendant leplus grand froid: En l’annee r6s8. au commencetnent de Fevrier qu’ilfaisoit un froid extreme, il tonna un soir fur les huic heures deux outrois fois avec beaucoup de bruit ■, 11 y a donc quelque apparence decroire que le froid peut exciter la vapeur des chofes humides , de me-ine que le chaud le fait. *
La seconde cause que je donne ä l’evaporation , est le mouvementdes parties de Fair, lefquelles etant en une continuelle agitation, frot-tent celles de Feau qui font dans 1111 femblable mouvement, Sc les se-parant les unes des autres, 8c te melant enlemble les enlevent en hautavec elles. Comme il est tres-certain que la chaleur cause Fevapora-tion , Sc que Fon pourroit douter que le froid lon contraire püt pro-duire un femblable esset, je ne serois point de difficulte d’attribuerl’evaporation a Fadtion des parties de Fair, a qui la chaleur par le mou-vement qu’elle augmente dans les parties de Feau , donne plus de prifea celles de Fair pour le meler avec elles Sc pour les enlever.
Ce qui me fait appuyer fur cette penfee, est que je voi qu’ il ne laisie
Tome r. Mmm mm pas