DES FONTAINES, II. Partie. 8rz
fast convertir en eau; cette eau descendant fur ce meine papier que Iavapeur avoit u averse , s’y arrete sans qu’ eil® puisse le penetrer , ä cau-fe qu’eile est un corps plus epais 6c plus ferre que n’est une vapeur.
Voilä quelle est mon opinion de l’Origine des Fontaines,6c de quel-le fagon je congoi que fe müt cette machine. Le lysteme que j’en eta-blis est d’autant plus ä recevoir, ä l’exclusion de tout ce que le fönt ima-gine ceux dont j’ai rapporte les opinions, s’il m’est permis de parierde Ja forte , qu’il est cres-simple 6c tres-naturel. II n’y a rien de diffi-cile ä entendre , rien de nouveau ä concevoir , rien ä fupposer. gratui-tement ni par miräcle ; tout est evident, tout est cotnmun , tout estconnu & recü de tout le monde; 6c peut-etre auffl que pour cette rai»ton l’on me pourra dire que j’ai fast de grands efforts pour trouver unschofe oü il n’y avoit point de difüculte.. Qu’il ni a prefque perfonneen ce tems-ci qui ne croye 6c ne foic persuade que les fontaines föntcaufees par les eaux de la pluye 6t des neiges Fondues j 6c qu’il Impor-te peu que ce foient les fontaines qui fallent les rivieres, ou que cefoient les rivieres qui fassent les fontaines, puis que les uhes 6c les au-tres viennent de la pluye ; 6c aussi , que je ne fuis pas le premier quiait parle de ces grands refervoirs d’eaux fous la Terre , puis que c’eltla premiere penfee des Philofophes aneiens. Mais ceux qui raisonne-ront de la forte feront bien connoitre le peu de reflexion qu’ils aurontfait für cette maniere , 6c combien ils fönt peu capables d’en juger.Il est vrai que le vulgaire , fans que par ce terme je veüille diminuerle merite deceux qui fuivent cette opinion ; il est vrai, dis-je, que levulgaire 6c raoi n’avons qu’un meme principe: mais la matiere de s’en-fervir est bien differente entre lui 6c moi. Le vulgaire prend pourcaufe des fontaines les eaux des pluyes j 6c je fais voir que felon la*maniere dont il croit que cela fe fait, les eaux des pluyes ne fgauroienty fuffire ni'meme faire couler une goutte d’eau par les ouvenures desfourees; 8c moi qui prens aulfi le meme principe , je fais voir qu’il ya des eaux de reste 6c cinq fois plus qu’il n’en saut pour y fatisfaire 6cä tous les dechets polfibles. Ce n’est pas affez pour expliquer une ma-chine que d’en faire connoitre feulement le principe ,, un bon Mecha-nicien examine jufques ä la moindre corde , 6c julques ä la plus petitecheville de celle qui lui est prefentee , avant qu’il croye la bien con-noitre, quelquefois tout le teeret consiste dans la moindre partie. Se-roit-ce affez pour me faire entendre ce que c’elt qu’une horloge que'de me dire feulement que fon mouvement est caule par un refort otä!par un contrepoids , 6c qu’il est aste de voir que cela est ainsi , puis ;que quand i’un ou l’autre manque le mouvement cesie z 6c que felon»qu’ils fönt plus ou moins Forts ou pelans l’horloge va plus ou moinsvite ? De meme que fönt quelques-uns qui disent 5 que pour preuveque les eaux qui fönt dans les puits viennent de la pluye , c’est que du-rant la fecheresse il n’y a point d’eaux dans les puits, &qy’ au- contrai--