Band 
Tome second.
Seite
828
JPEG-Download
 

828 DE L’ORIGINE

Si donc il s’echappoit sous terre des eaux de ces deux rivieres &qu’elies y trouvassent qaelques canaux favorables, dont Ia pente seroitplus douce que celle de ces rivieres, & que ces eaux,qui auroient coa-le dans ces canaux , vinsient a sortir fur le penchänt de quelque mon-tagne , a Ia hauteur que j’ai dit ou environ , n’appelleroit-on pas ceseaux-lä des sources, du moins elies en auroient toutes les qualiter: el-les seroient fraiches & tiedes en leurs failons, elies augmenteroient Scdiminueroient de meme , dies seroient claires , nettes Sc douces; Sc sices eaux etoient en abondance , comme dies le pourroient etre par labonce Sc heureuse construction de leurs canaux, ne s’etonneroit-on pasde cette grande effusion ? Sc n’auroit-on pas fujet de douter qu’ uneevaporation simple püt cauler un si puisiant effet?

La difficulte que Ton pourroit faire seroit fur ces canaux soüterrainsdont il y auroit Heu de douter , Sc principalement pour ce qui est deleur fidelite ä 'conserver les eaux sans les laiffer ecouler : mais si 1’on yveut bien penser, Ia chose ne se trouvera pas si difficile qu’il semble*pource qu’ il n’est pas besoin d’une si grande fidelite ä ces canaux pouroperer ce que je viens de dire. Je ne parle que des eaux qui coolen tnaturellement Sc sans contrainte, je ne süposc seulement qu’une pentemoins forte que celle des rivieres d’oü dies sont sorties, ce qui se peutfaire meme sans canaux. Il n’y a qu’ä s’imaginer une longue goutierede glaise, ou un enfoncement dans celle qui est continue dans les plai-nes, dont la pente soit douce , fur laquelle 1’eau coulera facilementsans s’ecarter de cote ny d’autre : Mais quand meme il faudroit süpo-ser des canaux bien joints St bien fermez, comme en effet il est besoinqu’ il y en ait de tels pour cauler ces pretendues sources dans le fondsdes Rivieres Sc de laMer; il n’y a rien en cela de contraire ny a la ve-rite ny a la vrai-iemblance. 11 y a asiez de fontaines qui ne peuvencavoir d’autre caule que eelle-la. Pierre De la Falle rapporte que dansles Isles Strophades , selon le recit que lui en firent les Religieux quiles habitent, il y a une fontaine qui doit avoir sa source dans la Mo-ree, 8c qu’ iis croyent venir de ce Iieu de terre ferme jufques dans cesIfles par dessous la Mer , pource qu’ il fort asiez souvent avec 1’eau decette fontaine des choses qui ne peuvent venir que de la , & qu’ il enest forti une fois une taste a boire , faite d’une courge garnie d’ar-genr.

Ün celebre Astronome de VAcademie Royale m’a dit, avoir vü a- Modene foiiiller de Ia terre, oü, apres avoir creuse unpeu avant, l’onrencontra une e spece de sabloh gras, lequel soudain s’eleva comme sic’eut ete de la päte, & enfin se creva, d’oü il sortit de 1’eau en abon-dance , laquelle eau Ton fit monter plus de fix pies plus haut que Isterrain d’alentour , par le moyen d’un tuyau qu’on joignit a ce sablonZras.

J’ai vü ä la campagne deux fontaines dans un pre eloignees l’une de

l’au-