S;S DE L'ORIGINE
& qu’il ne paroit y avoir aucunes nues 5 ii ne laisie pas de faire duvent aslez ibuvent, & quelquefois fort vehement : or ce vent n’est au-tre chose que des vapeurs diktees j il y a donc des vapeurs dans 1 ’airque l’on ne voit pas: car il n’y a pas lieu de dire que ces vapeurs vien-nent de loin & d’un air ou il y a des nues qui les engendrent, pourceque ces vents-la les auroient bien-tot amenees , quelque part qu’ellesfusteut j & neanmoins ces vents durent quelque-fois plusieurs jours,pendant lesquels 1 ’air continue d’etrc net & ferein. Secondement quand1 ’air est net de nues, l’on voit qu’ au matin Lc au soir avant le lever Lcapres le coucher du Soleil, fur l’Horison a l’opposite du Soleil, 1’airprend des couleurs de rouge, de violet & de bleu , tellement bienmeiees 1 ’une a 1 ’autre & a tout le reste de 1 ’air , qu’ il est impoffiblede remarquer ou une couleur commence Lc ou eile finit. Or ces cou-leurs ne sone autre ehole que k reflexion ou refraction que les rayonsdu Soleil deja couche, cu non encore leve , font fur les vapeurs quifont dans 1 ’air, de meme qu’ il fait fur les nues quand il y en a , les-quelles couleurs font nuees les unes aux autres avec grande egal ite,par la raison que les vapeurs font etendues Lc disperlees auffi avec ega-lite dans toute k capacite de 1 ’air.
Le nouveau Barometre de M r . 'Huygens fait voir encore astez claire-ment ce que je dis. Ce Barometre qui marque plus exactement Lcplus visiblemcnt que pas un autre qu’on ait eu jufques a prefent, lesdiverses pesanteurs de 1 ’air, fait voir que sors que le ciel est ferein c’estsors que 1’air est le plus pefantj Lc que sors qu’ il se difpose a k pluyeou au vent , il paroit plus leger. La caufe de cek est , que sors quele ciel est ferein , les vapeurs humides font disperlees dans toute kfubstance de 1’air & ne font qu’un corps avec lui-, Lc ajoütent a fa pe-fanteur naturelle k leur propre , en forte qu’etant incorporees enfem-ble elles agifTent fur le mercure Lc fur 1’eau dont est compose le Baro-metre, avec toute la pesanteur que l’un Lc 1’autre peuvent avoir: maisquand ecs vapeurs se raflemblent Lc deviennent nuees , elles ne rendentplus 1’air pefant , pource qu’elles n’y font plus incorporees; Lc 1’airdeverrant ainsi plus leger ne pefe plus fur le mercure Lc für 1’eau, com-me il faisoit quand il etoit mele Lc uni avec les vapeurs.
Les caufes de ce difperfement Lc de ce ramassement de vapeurs (sices mots fe peuvent dire) font asiurement naturelles : mais 1 ’une estplus connue que 1’autre. L’on ne doute guere que 1’agitation des par-ties de 1 ’air , qui est universelle dans tout sou corps , ne dissipe les va-peurs que k terre envoye Lc ne les divise en autant de parcelles qu’ ilest lui-meme diviso , Sc qu’ ainsi il n’en foit a k sin tout rempli.- maisil n’est pas trop eonnu , Comment Lc par quelle raison ces vapeurs di-viiees fe peuvent ramafTer enfemble , se rendre visibles , Lc former uncorps comme font les nues , capable d’arrdter k lumiere du Soleil; LcComment ce-mouvement des parties de l’airqui a ete süffisant poui-
diffi.