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Tome second.
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DES FONTAINE8, II. Parti : e . 859

dissiper ces vapeurs , cesse quelque-fois de Petre , & permet que cequ’il avoit separe se raflemble 8c so ramasse jusques ä retöurner en fönpreraier corps. Cette caule est tellement cachee , que nonobstant leBarometre dont je viens de parier il est impossible de dire precisementquand il doit pleuvoir : cependant quoi que cette cause soit enciere-wem cachee, l’effet ne laiste pas d’etre fort connu , 8c personne nedoute que la pluye ne vienne des vapeurs de la Terre elevees en l’air,qui etant ramassees ensemble 8c epaiffies , reprennent leur premiereforme 8c consistence d’eau, Lc par leur pefanteur descendent enbas 8cfönt la pluye.

Si l’on veut donc se servir des remarques que nous venons de fairefür ce qui fe fält dans l’air , il fera aife de concevoir Comment pareillechose se peut faire dans la terre* en s’imaginant qu’elle est remplie devapeurs au dedans, 8c que tout fon corps, je veux dire depuis le lieubas oü l’eau s’est retiree 8c ramassee jufqu’ ä fa superficie , est toüjouishumide enquelque endroit qu’on puisse Pouvrir , comme je Pai dejadit; Que ces vapeurs fönt plus epaisses en un endroit qu’en un autre,selon la matiere qui les produit: Que ces memes vapeurs se convertil-fent en eau en plus ou moins d’abondance selon que la cause en est plusou moins forte j 8c enfin que cette eau deseend aux lieux bas par fa pe-fanteur naturelle qu’elle reprend avec fa premiere forme : Qu’on peutcroire qu’ il y a dans la terre comme dans l’air quelque chose qui con-dense ces vapeurs 8c les reduit en eau, 8c que cette condenfation, quoique non connue , ne laisse pas d’etre 8c d’agir dans la terre commedans l’air, avec cette difference neanmoins , qu'eile n’est pas expofeeaux changemens 8c inconstances de l’air, ou la dialeur du Soleil bareou retarde , augmente , diminue ou altere cette condenfation , 8c fastles inccrtitude 8c inegalitez des pluyes, 8c ou les vents chassent les nuesqui en fönt caulees,pour donner de la pluye en d’autres lieux que ceuxou les vapeurs avoient ete excitees : ce qui n’est pas de la forte dansdes lieux aussi cachez 8c amant ä l’abri que eeux-iä: aussi ce convertis-sement de vapeurs en eau s’y fair avec une regulärste 8c uniformstecontinuelle comme celle avec laquelle l’on void que les veritables fon-taines coulent; 8c c’est, ce me femble, de cette forte que l’eau se peutengendrer dans la Terre pour les produire.

Mais pour reprendre la seile de notre discours , s’il est vrai , apresles remarques que j’ai faites, que les fontaines ne fönt pas la cause desrivieres, comme l’a cru toute la Philosophie , 8c que tout ce qu’onappelle fontaine ne Pest pas; je puis dire que par le moyen dont jecongoi que se meut la macbine des fontaines, je trouve la lblution auxdifficultez qui ont donne le plus de peine ä tous les Philofophes.

Car par ce moyen je trouve des eaux en abondanee fous toute lafurface de ia Terre , 8c c’est ce qu’ils ont vainement cherche dans leseaux de la Mer, qu'il; ont suppofe etre repandues de meme par tout.

Pas